SVQ_178 Les fossés de l’enceinte

178) … après avoir fait sauter définitivement en l’an 1815 la ceinture qui l’avait protégée et resserrée durant 5 siècles, la Ville de Diekirch était prête pour une ère nouvelle. Elle prit de l’essor et se développa. D’abord et surtout  sur les fonds des fossés de l’enceinte mis en vente en 1821 par l’Administration des Domaines. Simon NEUENS (*1773, ✝︎<1824), ancien bourgmestre de Mersch et grand-père d’Anne Adeline NEUENS (*1833, ✝︎1882), future épouse du Dr Jean-Pierre GLAESENER (*1831, ✝︎1901), fut nommé commissaire-priseur en 1813 et s’attela de suite à préparer l’adjudication publique à titre de bail des fossés qui se tint finalement en 1816. Fort convoités par les familles les plus aisées de Diekirch, les 12 lots définis par NEUENS furent finalement attribués à François Julien VANNERUS (1), Florian MICHELAU (2), Jean SCHOLTES (3 et 4), Pierre KONZ (5), Pierre HECK (6), Nicolas THILMANY (7), Jean SUTOR (8), Jean François COSTER (9), Pierre FORCÉ (10), Gaspard NEVEN (11) et Nicolas JUTTEL (12). Le lot le plus cher était le lot 9, une parcelle de 8 ares située entre la porte de Luxembourg et la Forcésgaass, l’actuelle rue GOETHALS, à l’angle sud-ouest du Vieux Diekirch. En 1825, le tanneur Jean François COSTER (*1787, ✝︎1866), originaire de Vianden, y construisit une maison de maître, transformée en 1877 en hôtel par Bernard BADEN (*1836, ✝︎1885), originaire d’Ernzen en Rheinland-Pfalz. L’Hôtel du Nord sera renommé Hôtel de l’Europe en 1885 par Louis PUIG, originaire de Sarrebourg en Moselle. (bp, cw, 2022-05-04_bp)

 

 

La superficie de la Vieille Ville de Diekirch, délimitée jusqu’en 1815 par l’enceinte (ligne rouge) dont l’emplacement est extrapolé sur base des plans historiques, notamment celui de François Julien VANNERUS datant de 1809, est estimée actuellement à 556 ares, ceci en accord avec le mesurage du 27 juillet 1808 qui conclut « la surface entre les murs est de 5½ hectares, ceux-ci y compris ». L’espace extra-muros comprend les terrains s’étalant entre les fortifications (limite interne, ligne rouge) et la chaussée du circuit giratoire actuel (limite externe, ligne verte). La superficie en est estimée à 218 ares, ce qui correspond à 39%, donc à plus d’un tiers de la superficie originale du Vieux Diekirch. La surface des fossés proprement dits fut mesurée en 1809 par François Julien VANNERUS qui la chiffrait à 191 ares alors que les lots réellement mis en vente en 1821 ne comptabilisent que 147 ares. La différence en vient du fait qu’au moment de la vente en 1821 certaines parties des fossés étaient déjà occupées par la ville elle-même (prison P construite en 1812; cimetière C aménagé en 1784) et que sur d’autres parcelles un droit de passage (petites flèches blanches bicéphales) devait être respecté. Les grandes flèches blanches bicéphales marquent les 4 portes de l’enceinte: BR ou porte de Brabant au nord, TR ou porte de Trèves à l’est, LU ou porte de Luxembourg au sud et LI ou porte de Liège à l’ouest. [Fond de carte: geoportail.lu (Administration du Cadastre et de la Topographie); mesurages sur plan topographique actuel: geoportail; graphique et légende: bp_2022-05-01]

 

Les 12 lots (L01-L12) des fossés de la Ville de Diekirch proposés à l’adjudication publique à titre de bail en 1816 et de vente en 1821 ainsi que le nom des acquéreurs. En rouge, le mur d’enceinte avec ses 4 portes et ses 9 tours. En bleu, le Bamderdaller Baach et le Millebaach. [Fond de carte: Richard Pancrace VALERIUS, géomètre, vers 1825; graphique et légende: bp_2022-05-01]

 

Les 12 lots des fossés de la Ville de Diekirch proposés à l’adjudication publique à titre de bail en 1816 (sur l’abscisse): les superficies (barres grises), les loyers annuels (barres vertes) sur l’ordonnée gauche et les loyers annuels par are (colonnes bleues) sur l’ordonnée droite. Le lot le plus cher est le lot 9 d’une superficie de 8 ares, adjugé à Jean François COSTER (*1787, ✝︎1866) pour le montant de 51 francs par an respectivement 6,38 francs par an et par are. Le lot le moins cher est le lot 5 d’une superficie de 15 ares, adjugé à Pierre KONZ pour le montant de 15 francs par an respectivement de 1,00 franc par an et par are. [d’après Jos HERR, Diekirch, Bevölkerung und Verwaltung, 1960, pages 69-70; graphique: bp_2022-04-27]

 

 

 

 

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