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179) … pour le temps d’une décennie la franc-maçonnerie avait élu domicile à Diekirch. La Loge de Saint-Jean « l’Espérance » fut fondée en 1848 par 8 militaires qui faisaient partie du contingent fédéral stationné à Echternach. Au moment du retrait des troupes d’Echternach en 1854, la loge epternacienne fut transférée à Diekirch. En 1867 la garnison de Diekirch fut également supprimée et la Loge de Saint-Jean « l’Espérance » dût se réfugier à Luxembourg-Ville alors que son premier Vénérable, le lieutenant Georg Ernst Ludwig Freiherr von PREUSCHEN von und zu LIEBENSTEIN, le troisième du nom, s’éteignit inopinément à l’âge de 53 ans. En 1872 finalement Mathieu Tite Louis Alphonse MÜNCHEN (*1819, ✝︎1881) et François Charles HARTMANN, 1er et 2e Surveillants, déclarent en tenue du Suprême Conseil que leur Loge – la diekirchoise – était obligée d’éteindre ses flambeaux et de se mettre en sommeil. Les Frères rejoignirent alors la Loge « Les Enfants de la Concorde Fortifiée » établie en 1803 à Luxembourg-Ville comme loge militaire de l’armée française et dont le « merle voyageur » Mathieu Lambert SCHROBILGEN (*1789, ✝︎1883) qui s’était « réfugié » à Diekirch de 1877 à 1883, fut un des  Souverains Commandeurs Grands-Maîtres. Le 13 août 1948 la Loge « Saint Jean de l’Espérance » se réveille et les travaux reprennent avant que des divergences politico-religieuses n’aboutissent à la création en 1957 d’une loge dissidente, le « Grand Orient de Luxembourg ». (bp, jb, cb, 2022-06-12_bp)

 

 

Timbre-poste édité en 1998 pour le 150e Anniversaire de la Grande Loge St Jean de l’Espérance 1848-1898 (à gauche) et les différents symboles maçonniques représentés: 1) le triangle ou le Delta lumineux, 2) et 3) le chiffre 3, 4) et 5) les colonnes du temple, 6) le compas, 7) l’équerre, 8) l’ancre et 9) la pierre cubique taillée, par opposition à la pierre brute en bas à droite. Signification des symboles maçonniques 1-9 représentés. [Timbre-poste (à gauche) conçu par P. MOUTSCHEN; Tableau des emblèmes maçonniques (à droite): Masonic Emblems, George KENNING, April 1874. Caption: “Respectfully Dedicated (by permission) To J. Whyte Melville Esqre of Bennochy, The Most Worshipful Grand Master Mason of Scotland By His Humble Servant William Garey.” Courtesy Lodge of Research, Vermont.]

 

Aus dem rauen und und rohen Stein, der man selber ist, einen vollkommeneren Stein zu machen, oder wenigstens einen weniger unvollkommenen: dies ist das eigentliche Ziel der Freimaurerei (Freimaurer-wiki). Attribution d’une symbolique maçonnique – intentionnelle ou non – à la sculpture de Bertrand NEY (à droite), exécutée dans le cadre du Symposium de sculpture de la Ville de Diekirch en 1990, par analogie avec le bronze de Jens RUSCH (à gauche) intitulé «Der erste Grad»: le compas et l’équerre, deux ustensiles maçonniques s’appuient sur une pierre taillée et lustrée, émergente sous l’écorce écaillée d’un roc brut. [Sculpture Jens RUSCH: photographie publiée par Freimaurer-Wiki; Sculpture Bertrand NEY au Parc municipal de Diekirch: photographie bp_2008-05-29]

 

178) … après avoir fait sauter définitivement en l’an 1815 la ceinture qui l’avait protégée et resserrée durant 5 siècles, la Ville de Diekirch était prête pour une ère nouvelle. Elle prit de l’essor et se développa. D’abord et surtout  sur les fonds des fossés de l’enceinte mis en vente en 1821 par l’Administration des Domaines. Simon NEUENS (*1773, ✝︎<1824), ancien bourgmestre de Mersch et grand-père d’Anne Adeline NEUENS (*1833, ✝︎1882), future épouse du Dr Jean-Pierre GLAESENER (*1831, ✝︎1901), fut nommé commissaire-priseur en 1813 et s’attela de suite à préparer l’adjudication publique à titre de bail des fossés qui se tint finalement en 1816. Fort convoités par les familles les plus aisées de Diekirch, les 12 lots définis par NEUENS furent finalement attribués à François Julien VANNERUS (1), Florian MICHELAU (2), Jean SCHOLTES (3 et 4), Pierre KONZ (5), Pierre HECK (6), Nicolas THILMANY (7), Jean SUTOR (8), Jean François COSTER (9), Pierre FORCÉ (10), Gaspard NEVEN (11) et Nicolas JUTTEL (12). Le lot le plus cher était le lot 9, une parcelle de 8 ares située entre la porte de Luxembourg et la Forcésgaass, l’actuelle rue GOETHALS, à l’angle sud-ouest du Vieux Diekirch. En 1825, le tanneur Jean François COSTER (*1787, ✝︎1866), originaire de Vianden, y construisit une maison de maître, transformée en 1877 en hôtel par Bernard BADEN (*1836, ✝︎1885), originaire d’Ernzen en Rheinland-Pfalz. L’Hôtel du Nord sera renommé Hôtel de l’Europe en 1885 par Louis PUIG, originaire de Sarrebourg en Moselle. (bp, cw, 2022-05-04_bp)

 

 

La superficie de la Vieille Ville de Diekirch, délimitée jusqu’en 1815 par l’enceinte (ligne rouge) dont l’emplacement est extrapolé sur base des plans historiques, notamment celui de François Julien VANNERUS datant de 1809, est estimée actuellement à 556 ares, ceci en accord avec le mesurage du 27 juillet 1808 qui conclut « la surface entre les murs est de 5½ hectares, ceux-ci y compris ». L’espace extra-muros comprend les terrains s’étalant entre les fortifications (limite interne, ligne rouge) et la chaussée du circuit giratoire actuel (limite externe, ligne verte). La superficie en est estimée à 218 ares, ce qui correspond à 39%, donc à plus d’un tiers de la superficie originale du Vieux Diekirch. La surface des fossés proprement dits fut mesurée en 1809 par François Julien VANNERUS qui la chiffrait à 191 ares alors que les lots réellement mis en vente en 1821 ne comptabilisent que 147 ares. La différence en vient du fait qu’au moment de la vente en 1821 certaines parties des fossés étaient déjà occupées par la ville elle-même (prison P construite en 1812; cimetière C aménagé en 1784) et que sur d’autres parcelles un droit de passage (flèches blanches bicéphales) devait être respecté. Les grandes flèches blanches bicéphales marquent les 4 portes de l’enceinte: BR ou porte de Brabant au nord, TR ou porte de Trèves à l’est, LU ou porte de Luxembourg au sud et LI ou porte de Liège à l’ouest. [Fond de carte: geoportail.lu (Administration du Cadastre et de la Topographie); mesurages sur plan topographique actuel: geoportail; graphique et légende: bp_2022-05-01]

 

Les 12 lots (L01-L12) des fossés de la Ville de Diekirch proposés à l’adjudication publique à titre de bail en 1816 et de vente en 1821 ainsi que le nom des acquéreurs. En rouge, le mur d’enceinte avec ses 4 portes et ses 9 tours. En bleu, le Bamerdaller Baach et le Millebaach. [Fond de carte: Richard Pancrace VALERIUS, géomètre, vers 1825; graphique et légende: bp_2022-05-01]

 

Les 12 lots des fossés de la Ville de Diekirch proposés à l’adjudication publique à titre de bail en 1816 (sur l’abscisse): les superficies (barres grises), les loyers annuels (barres vertes) sur l’ordonnée gauche et les loyers annuels par are (colonnes bleues) sur l’ordonnée droite. Le lot le plus cher est le lot 9 d’une superficie de 8 ares, adjugé à Jean François COSTER (*1787, ✝︎1866) pour le montant de 51 francs par an respectivement 6,38 francs par an et par are. Le lot le moins cher est le lot 5 d’une superficie de 15 ares, adjugé à Pierre KONZ pour le montant de 15 francs par an respectivement de 1,00 franc par an et par are. [d’après Jos HERR, Diekirch, Bevölkerung und Verwaltung, 1960, pages 69-70; graphique: bp_2022-04-27]

 

177) … le 26 juin 1784 Joseph II, empereur du Saint Empire, promulgua un édit qui interdit l’inhumation des corps dans les églises et les cimetières à l’intérieur des villes et bourgs et obligea à la création de nécropoles en dehors des agglomérations. A Diekirch le cimetière déployé autour de la Vieille Église Saint-Laurent depuis le 7e siècle après J.-C. fut scindé en 6 lots et vendu le 30 octobre 1784, lot par lot, au plus offrant. Pour donner suite à l’édit impérial, un nouveau cimetière fut aménagé en extra-muros, sur le fossé comblé par les débris du mur partiellement déposé, s’étendant de la porte de Saint-Antoine jusqu’au « Ronnen Tuerm ». Ultérieurement (1845), la halle aux grains et, plus récemment encore (1939), l’Administration des Ponts et Chaussées furent construites sur ce site. De 1830 à 1856, le cimetière communal se trouvait à l’arrière du couvent des Récollets désaffecté. La décision du conseil communal de 1835 de transférer le cimetière dans les jardins communaux situés « op der Lann » resta sans suite. Ce n’est qu’en 1856 que les trépassés de Diekirch trouvèrent finalement le repos définitif au lieu-dit « iwwer der Flossbaach ». Depuis sa mise en service, le nouveau cimetière a subi deux agrandissements, en 1890 et en 1954. L’actuelle chapelle ardente en colimaçon propose une plaisante métaphore morphologique de la sainte ascension après la quarantaine [sic] pascale. (bp, sh, 2022-06-21_bp)

 

  • J. HERRDie Friedhöfe in Diekirch, in Diekirch, 1985, pages 194-195, 446-450 [cf. Timeline des cimetières de Diekirch, JH1]
  • J. HERRDiekirch, Bevölkerung und Verwaltung, 1960, pages 339, 340, 760, 783, 789 et 790 [cf. Timeline des cimetières de Diekirch, JH2]
  • P. OLINGERDiekirch im Wandel der Zeiten, 1941, pages 77, 78, 284, 285 et 286 [cf. Timeline des cimetières de Diekirch, PO]
  • T. WEILER: 150 Jahre Gemeindechronik, 1954, pages 23,28, 35, 36, 39, 43, 46, 47, 48, 54 et 57 [cf. Timeline des cimetières de Diekirch, TW]
  • P. BONERT: Timeline des cimetières de Diekirch d’après 1) J. HERR: Die Friedhöfe in Diekirch, in Diekirch, 1985, [JH1], J. HERR: Diekirch, Bevölkerung und Verwaltung, 1960, [JH2], 2) P. OLINGER: Diekirch im Wandel der Zeiten, 1941, [PO] et 3) T. WEILER: 150 Jahre Gemeindechronik, 1954, [TW] (pdf, 1 page 85 KB ) (lien actualisé le 2022-04-16_bp)
  • A. DIERKENSQuel avenir pour nos cimetières? Réflexions sur la préservation du patrimoine funéraire des XIXe et XXe siècles. (Lignes de force de l’exposé présenté le 11 novembre 2010 à Diekirch dans le cadre des manifestations du 750e Anniversaire de l’Affranchissement de la Ville de Diekirch) (pdf, 7 pages, 675 KB) (lien actualisé le 2022-04-16_bp)
  • S. KMEC, R. PHILIPPART, A. REUTER[DE] Ewige Ruhe? Grabkulturen in Luxemburg und den Nachbarregionen,[FR] Concession à perpétuité ? Cultures funéraires au Luxembourg et dans les régions voisines, 2019, ISBN 978-99959-43-23-3, [Diekirch citée aux pages 13, 14, 16, 212, 219, 319, 323] (pdf, 352 pages, 9,6 MB) (lien actualisé le 2022-04-16_bp)
  • Eglise catholique en FranceQuel est le lien entre Pâques, l’Ascension et la Pentecôte?  (pdf, 1 page, 48 KB) (lien actualisé le 2022-04-16_bp)
  • 052), 084), 103), 104), 129), 131), 171), 176)

 

Les 4 emplacements du cimetière à Diekirch au fil du temps. La première nécropole ordonnée (I), en fonction jusqu’en 1784, s’est établie autour de la Vieille Église Saint-Laurent. Toutefois est-il qu’elle débordait largement sur les emplacements des immeubles qui entourent actuellement la Vieille Église. L’urbanisation des alentours immédiats de la Vieille Église n’a donc commencé que fin 18e ou début 19e siècle. À noter que le projet de 1835 qui prévoyait d’aménager un nouveau cimetière, le N° IV, au lieu-dit «op der Lann» ne s’est pas réalisé. Pour Jos HERR le lieu-dit « op der Lann », situé à 300 mètres de la Porte supérieure ou Porte Saint-Antoine ou Porte de Liège, se confond avec le site du cimetière actuel au lieu-dit « iwwer der Flossbaach », qui se trouve lui à 700 mètres de la Porte supérieure. [Fond de carte: Administration du cadastre et de la topographie, geoportail.lu; graphisme et légende: bp_2022-06-21]

 

La chapelle ardente en colimaçon du nouveau cimetière de Diekirch au lieu-dit « iwwer der Flossbaach » prend la succession de la Chapelle VANNERUS de l’ancien cimetière. [Photographie: bp_2016-12-03]

 

176) … la chapelle ardente du vieux cimetière qui accueillit le 29 août 1948 les dépouilles mortelles des volontaires des Forces Françaises Libres, Félix PETERS (*28.02.1911) et Jean NEVEN (*16.05.1916), tombés lors de la libération de l’Europe du joug nazi par les alliés, l’un le 17 juin 1944 à Amfreville en Normandie, l’autre le 2 novembre 1944 sur l’île de Walcheren aux Pays-Bas, se trouvait jusqu’en 1858 au carrefour de la rue de Stavelot et de l’Esplanade. En vue du nivelage et de l’aménagement de l’espace public devant le couvent des Récollets – la construction de la nouvelle église Saint-Laurent ne débute qu’en 1866 – le conseil communal décida le 24 mai 1858, avec l’assentiment de la famille VANNERUS, propriétaire de la chapelle, de la démonter et de la reconstruire à l’identique au cimetière nouvellement aménagé «iwwer der Flossbaach». Des représentations de la Chapelle VANNERUS in situ se retrouvent sur un dessin de 1847 exécuté par  l’étudiant Jean Pierre SCHOLTES (*1833, ✝︎1906), médecin en herbe et bourgmestre de Diekirch de 1885 à 1902, ainsi que sur divers plans topographiques et cadastraux de la Ville de Diekirch dont l’Urkataster de 1825 dressé par le géomètre diekirchois Richard Pancrace VALERIUS (*1773, ✝︎1842). (bp, sh, 2021-06-22_bp)

 

 

Plan d’architecte de la Chapelle VANNERUS exécuté le 15 mai 1858 par Prosper BIWER (*1823, ✝︎1871) qui fut nommé architecte du district de Diekirch en 1851 et qui dessina les plans de construction de la nouvelle Eglise Saint Laurent sur la place Guillaume en 1866, année cholérique. Initialement la Chapelle VANNERUS fut adossée contre le mur nord entourant le cimetière qui n’avait pas encore l’étendue du cimetière actuel: Au vu son accès par une première ouverture externe à l’est et une deuxième ouverture interne vers la nef de la chapelle à l’ouest ce local appendiculaire au nord faisait probablement office de sacristie. (Plans: Prosper BIWER_1858, mis à disposition par Serge HAAGEN, chef de service du Service technique de la Ville de Diekirch)

 

La chapelle VANNERUS est un élégant édifice octogonal à faces alternantes. Sa toiture effilée à pans concaves est surmontée d’une fine flèche pourvue d’abat-sons sur 4 de ses faces orientés suivant les quatre points cardinaux. Les têtes des contreforts angulaires massifs qui dépassent la corniche se terminent par une couverture maçonnée et sont chargées de pinacles en pierre sculptée. L’autel avec son retable tout en marbre polychrome ciselé souligne la position de la famille VANNERUS. [Photographies: Extérieur bp_2019, Intérieur bp_2014]

 

Dessin datant de 1847 exécuté par l’étudiant Jean Pierre SCHOLTES (*1833,  ✝︎1906), bourgmestre de Diekirch de 1885 à 1902: La prison et le jardin des VANNERUS se trouvent sur les fossés situés par devant le mur d’enceinte déposé. Les fossés comblés furent donnés en location en 1816 puis vendus au plus offrant en 1821. [Dessin par Jean Pierre SCHOLTES, propriété de Marie BRÜCK (*1904, ✝︎1993); publication par Jos. HERR (*1910, ✝︎1989); graphismes et annotations: bp_2022-03-30]

 

La Chapelle VANNERUS (entourée d’un cercle vert, vue agrandie) sur le plan topo-graphique de la Ville de Diekirch dressé en 1808 par François Julien VANNERUS lui-même: On identifie les quatre portes du bourg fortifié: PA, la Porte Saint-Antoine ou Porte de Liège; PB, Porte de Brabant; PN, Porte Saint-Nicolas ou Porte de Trèves; PL, Porte Saint-Laurent ou Porte de Luxembourg; en gris, l’emplacement du premier cimetière extra-muros aménagé en 1784 qui s’étend même au-delà de la tour ronde; les cercles rouges marquent les tours du mur d’enceinte; les lignes bleues représentent les ruisselets traversant la cité (Millebaach entrant par la Porte de Brabant) ou s’écoulant en dehors des murs (Bamerdallerbaach), en haut à gauche. [Plan de la Ville de Diekirch par François Julien VANNERUS_1808, dépositaire: MH[s]D; annotations: bp_2022]

 

175) … en 1829 Jean Baptiste FRESEZ (*1800, ✝︎1867), peintre luxembourgeois d’origine française, fignola le portrait de Martin BAUDOUIN (*1798, ✝︎1851), officier de la cavalerie néerlandaise, qui commandera l’escadron de cavalerie du contingent fédéral stationné à Diekirch au début des années 1840. Faisaient partie de ce même escadron Isidore BRUMMEL, le beau-frère de Jean Auguste MARC, ancien élève de Jean Baptiste FRESEZ et Mathieu Tite Louis Alphonse MÜNCHEN (*1819, ✝︎1881), fier fleuron de la dynastie des MÜNCHEN originaire de Dudeldorf en Allemagne, à quelques 50 km de Diekirch: Il était père d’Alphonse MÜNCHEN (*1850 à Diekirch, ✝︎1917) – le bourgmestre de la Ville de Luxembourg de 1904 à 1915 – et neveu au 2e degré (5e degré de parenté) de l’abbé Constantin Dominique MÜNCHEN (*1763, ✝︎1818), premier et éphémère bourgmestre de Diekirch de l’ère nouvelle. A la manière de FRESEZ, son maître, Jean Auguste MARC (*1818, ✝︎1886), brossa le portrait de Mathieu Tite Louis Alphonse MÜNCHEN, attifé du prestigieux uniforme des officiers du corps de chasseurs luxembourgeois, tel qu’il est répertorié au carnet de dessin du peintre militaire luxembourgeois Louis KUSCHMANN (*1852, ✝︎1921). Fort de ses 88 dessins, le carnet KUSCHMANN intitulé «Uniformen der Luxemburger Streitkräfte(n)» a rejoint les fonds de la New York Public Library en 1911 avec quelques 32.000 autres représentations d’uniformes militaires du monde entier collectionnées par le Dr Hendrik Jacobus VINKHUIJZEN (*1843, ✝︎1910). (bp, pd, 2022-06-14_bp)

 

 

Portraits de Martin BOUDOUIN (*1798, ✝︎1851), à gauche, exécuté en 1829 par Jean Baptiste FRESEZ (*1800, +1867) et de Mathieu Tite Louis Alphonse MÜNCHEN (*1819, ✝︎1881), à droite, vers 1842 par Jean Auguste MARC (*1818, ✝︎1886), qui fut élève de Jean Baptiste FRESEZ. Notez que le portrait original de Martin BOUDOUIN a été redimensionné pour présenter une vue et une orientation comparables des deux militaires. [Portrait de BAUDOUIN: collection MNHA, photo: Tom Lucas; Portrait de MÜNCHEN: appartenant à Alphonse ENNESCH (*1873, ✝︎1850), publié par Jos HERR (*1910, ✝︎1989) in Diekirch, 1985, page 304; Arrangement: bp_2022]

 

Portrait signé de sa main de Mathieu Tite Louis Alphonse MÜNCHEN (*1819, ✝︎1881), major-commandant du Bataillon des Chasseurs Luxembourgeois, affichant une « fière allure d’un officier du second empire», peu de temps avant son décès en 1881. [Auteur: NN; publié par A. KNAFF dans Notice biographique sur Louis-Alphonse München, 1883; Arrangement: bp_2022]

 

174) … à l’instar de son homonyme Franz MARC (*1880, ✝︎1916), célèbre peintre expressionniste bavarois aux racines alsaciennes et cofondateur en 1911 avec Vassily KANDINSKY (*1866, ✝︎1944) du groupe «Der Blaue Reiter», Jean Auguste MARC, né le 12.07.1818 à Metz, avait un fort penchant pour les beaux-arts. Il en abandonna ses études de vétérinaire et prit des cours de dessin à Luxembourg auprès de Jean-Baptiste FRESEZ (*1800, ✝︎1867) avant d’être nommé en 1839 maître de dessin à l’école moyenne de Diekirch en passe de devenir Progymnase Royal Grand-Ducal, futur Lycée classique de Diekirch. Devant les témoins Martin BAUDOUIN (*1798, ✝︎1851), commandant de l’escadron de cavalerie de Diekirch, Isidore BRUMMEL (*1822), chasseur à cheval et frère de la mariée, Louis Cécile DAGOIS (*1801, ✝︎1865), entrepreneur diekirchois ainsi qu’Hippolyte MAYER (✝︎1847), juge auprès du tribunal de Diekirch, Jean Auguste MARC épouse le 29 janvier 1845 à Diekirch Lucie Françoise BRUMMEL (*1819), originaire d’Etterbeek-Bruxelles. Le 14 novembre 1845 naquit en ce même Diekirch leur fils Lucien MARC. Installé définitivement à Paris avec sa petite famille, Jean Auguste MARC devient illustrateur (1850-1860) puis directeur (1860-1886) de l’hebdomadaire parisien «L’Illustration» qui paraît de 1843 à 1955 en 5.293 numéros totalisant quelques 180.000 pages. Nommé Chevalier de la Légion d’honneur par décret du 15 août 1868, Jean Auguste MARC s’éteint le 19 mai 1886 à l’âge de 67 ans à Suresnes, en bordure du Bois de Boulogne dans la banlieue parisienne, après avoir passé le flambeau et la direction de «l’Illustration» à son fils Lucien MARC, qui gardera les reines du journal jusqu’en 1903. (bp, rob, 2022-02-16_bp)

 


La famille MARC: En haut, les beaux-parents de Jean Auguste MARC, le Lieutenant-Colonel Joseph Louis BRUMMEL (*1775, ✝︎1839) et son épouse Madame Marie Joséphine BRUMMEL née LINARD (*1778, ✝︎>1851) qui résidait à Diekirch jusqu’en 1847. Leur fils Isidore BRUMMEL (*1822) est né à Diekirch alors que Lucie Françoise BRUMMEL (*1918), future épouse de Jean Auguste MARC, est née à Etterbeek/Bruxelles. En bas, Jean Auguste MARC (*1818, ✝︎1886) et son fils Lucien MARC, né le 14 novembre 1845 à Diekirch. [Photographies: nbi; mise en page: bp_2022]

 


Sièges de l’Illustration, «journal universel hebdomadaire», à Paris (1843-1955): A gauche, Maison-mère au coin de la rue de la Victoire et de la rue Saint-Georges dans le 9e arrondissement de Paris. Au centre, la nouvelle imprimerie à Bobigny dans le 13e arrondissement, conçue par l’architecte René LEFÉBURE assisté de l’ingénieur Henri HISCHMANN. Inaugurée en 1933, elle employait 450 personnes pour un tirage hebdomadaire de 200.000 exemplaires. Elle cesse toute activité d’impression en 1971. A droite, l’ancienne imprimerie reconvertie en «Université Paris 13». La reconversion fut menée par l’architecte Paul CHEMETOV. Depuis 2008, la tour est aménagée en logements pour étudiants d’après les plans de l’agence SERPA. [Photographies: à gauche, Serge JODRA_2011 pour Imago Mundi; au centre, couverture du numéro spécial de la revue en 1933; à droite, Google Earth, modifiée bp_2022-01-03]

 

173) … le Dr Victor SCHROEDER (*1866, ✝︎1956), gendre du Dr Jean Pierre SCHOLTES (*1833, ✝︎1906), bourgmestre de Diekirch de 1885 à 1902, a failli être victime d’une tentative de meurtre prémédité et perpétré par François GILSON, garçon de boulangerie à Paris. Faut dire que la famille GILSON de Diekirch n’avait pas la vie facile. Un premier horrible accident secoua la famille le 12 mai 1892: Les soeurs Anne et Justine sont gravement brûlées lors d’un incendie accidentel à leur domicile. Anne, l’ainée, en mourra 3 mois et demi plus tard à l’âge de 2 ans et 11 mois alors que Justine, sa soeur puînée, emmitouflée dans son douillet berceau devenu proie facile des flammes, avait succombé le lendemain de l’accident à l’âge de 1 an et 9 mois. Né à Diekirch le 16 juillet 1894, François GILSON perd son père Théodore GILSON le 4 décembre 1895: il fut enseveli sous les décombres de la Villa HECK qui s’était écroulée lors de la construction. Comble de malheurs, sa mère Anne Marie MÜLLER, née le 8 octobre à Messancy, meurt le 25 juin 1910, sans que son médecin traitant le Dr SCHROEDER ait pu éviter l’issue fatale. François se retrouve donc orphelin à l’âge de seize ans. Il s’exile à Paris, se fait apprenti-boulanger. Au fil des années la conviction que sa maman est décédée des suites d’une erreur médicale, se mue en idée fixe, devient obsession, … et François prend la décision de venger la mort de sa mère et d’en attenter à la vie du Dr SCHROEDER, bouc-émissaire de tous ses malheurs. L’attentat échoue, François est arrêté et transféré à l’asile pour aliénés. (bp, chw, msj, 2021-12-27_bp)

 

 

Timeline retraçant les douloureux événements en relation avec la tentative de meurtre perpétré le 4 février 1914 par François GILSON sur la personne du Dr Victor SCHROEDER, médecin de et à Diekirch et avec d’autres faits divers touchant de près ou de loin la famille GILSON-MÜLLER de Diekirch. [bp_2021]

 

La Maison SCHOLTES / SCHROEDER au fil des années: Le Dr SCHROEDER (SC) habitait au N° 7, avenue de la Gare à Diekirch, en aval de la fabrique de meubles HEINTZ (HZ) et de la maison du tanneur COSTER (CO), direction Ettelbruck. A l’extrémité sud de la propriété SCHROEDER se trouvait une gloriette (GL) bien visible sur les images 1), 2), et 5). Elle fut démolie pour faire place au début des années 1930 à 3 immeubles du style BAUHAUS imaginés par Bernard Michel Antoine dit Tony BIWER, né le 04.07.1902 à Diekirch et décédé le 01.08.1971 à Luxembourg: l’habitation et le cabinet du Dr Paul HETTO (HO), né le 19.04.1895 à Ettelbruck et décédé le 1979, au N° 11; l’imprimerie «Der Landwirt» (IM) au N° 13; la maison MONGENAST, ultérieurement KROMBACH (KR) au N° 15. Devenu propriété de la Ville de Diekirch en 1966, l’immeuble SCHROEDER fut démoli en 1975 pour faire place à une Maison de Retraite (MS), la Résidence du Parc, actuellement reconvertie en Maison de l’Orientation. En face des immeubles HEINTZ (HZ), COSTER (CO) et SCHROEDER (SC) se trouvait l’Hôtel CLESSE-MÜLLER (MC), ultérieurement hôtel appliqué et internat (HS) du Lycée technique hôtelier Alexis HECK de Diekirch. [Photographies: 1) NN_>1889, 2) NN_>1889, 3) NN_1975, 4) NN_1930-1933, 5) NN_1918-1919, 6) bp_2013; Légende et silhouettage: bp_2021]

 

172) … après avoir fait escale une décennie durant à Echternach, Joseph Antoine SCHROELL (*1785, ✝︎1865), libraire-relieur originaire de Trèves, donna suite aux sollicitations du notaire François Julien VANNERUS de Diekirch et alla se fixer en cette ville pour y ouvrir en 1835 la quatrième imprimerie du Grand-Duché. Il installa son atelier d’impression dans l’ancienne tannerie de Charles Gaspard VALERIUS-MARSCHALL (*1778, ✝︎1821) au lieu-dit Marschallswiss. Depuis lors, les SCHROELL sont passés maîtres ès art noir et ce de père en fils. Après plusieurs déménagements, l’officine des SCHROELL se retrouva finalement au 6 de la rue Saint Antoine où elle devint la proie de l’averse d’obus et de flammes qui s’abattit sur la Ville de Diekirch lors de l’offensive de von RUNDSTEDT en 1945. Les produits dont les presses schroelliennes accouchaient, n’avaient pas le teint blafard: tantôt de gueules, tantôt d’azur mais jamais de sable. Aussi, à partir de 1913, les cousins germains Paul SCHROELL (*1879, ✝︎1939), fils de Justin SCHROELL (*1837, ✝︎1898) et Emile SCHROELL (*1863, ✝︎1938), fils de Théophile SCHROELL (*1829, ✝︎1893) se sont-ils livré rude bataille à coups d’éditoriaux et de répliques; Paul de gueules d’Esch, en tant qu’éditeur du «Tageblatt», organe socialiste et Emile d’azur de Luxembourg, éditeur de la «Zeitung», fanion libéral lancé en 1856 par son père Théophile. (bp, cw, sh, ar, 2021-12-25_bp)

 

 

Les imprimeries à Diekirch au fil du temps: La numérotation des fanions de 01 à 16 donne une indication chronologique approximative avec 01 pour la plus ancienne et 16 pour la plus récente. Les labels comportent à la première ligne le nom de l’imprimerie respectivement de l’imprimeur ou de l’éditeur; la deuxième ligne renseigne le nom de la principale publication; à la troisième ligne se trouve l’adresse de l’imprimerie en question. [fond de carte: géoportail_2021; graphique, silhouettage et légende: bp_2021]

 

Vue panoramique de la Ville de Diekirch prise de la Ha[a]rdt au Sud vers la Seitert au Nord avant 1937.

Immeubles remarquables 1 à 14 :

  1. Tannerie de Charles Gaspard VALERIUS-MARSCHALL (*1778, ✝︎1821), devenue Imprimerie SCHROELL vers 1835, démolie avant 1940, site actuellement intégré au Parc Municipal;
  2. Tannerie COSTER, fermeture définitive en 1960;
  3. Maison du Dr Jean-Pierre SCHOLTES (*1833, ✝︎1906) puis de son gendre, le Dr Victor SCHROEDER (*1866, ✝︎1956), démolie vers 1974 pour faire place à la Maison de retraite «Résidence du Parc» construite de 1979 à 1983, devenue Maison de l’Orientation en 2014;
  4. Prison construite en 1807 et démolie en 1933, pour faire place à l’Hôtel des Postes construit en 1933;
  5. Église Saint Laurent construite entre 1866 et 1869 en lieu et place de l’église conventuelle et de l’aile nord du Couvent des Récollets construit entre 1670 et 1673 dont l’aile sud subsistante n’a pas survécu à la Deuxième Guerre Mondiale et fut définitivement rasée en 1948;
  6. Villa MEGANCK, démolie après 1922 pour faire place à l’Administration des Bâtiments Publics;
  7. Palais de Justice construit en 1849/1850, inauguration de l’extension en 2018;
  8. Hôpital Saint Joseph construit en 1882, agrandi vers 1937, actuellement reconverti en Maison de Soins du Sacré-Coeur;
  9. Résidence du notaire Joseph Isidore RICHARD (*1850, ✝︎1914) construite vers 1900, transformée en Hôtel Beau-Site vers 1930, transformé en Hôtel de Ville en 1959, réaménagé et agrandi en 2013;
  10. Gendarmerie gravement endommagée pendant l’Offensive de von RUNDSTEDT, démolie après 1945;
  11. Hôtel [de la] Maison Rouge, devenu Hôtel du Parc;
  12. Maison DEUTSCH construite par le sculpteur Michel DEUTSCH (*1837, ✝︎1905) en 1895, devenue Maison BRÜCHER-KLEIN, puis Maison WELL-SCHOMMER, puis Commissariat de Police et finalement Recette communale;
  13. Four à chaux [Kalkbrennerei] des conjoints Mathias SCHARLÉ (*1845, ✝︎1915) et Anne Marie BOUR (*1841, ✝︎1923) cédé en 1915 à Jules BADEN (*1883, ✝︎1939) fils de Bernard BADEN (*1836, ✝︎1885) et Anne Marie BOUR (*1841, ✝︎1923) et en 1929 à Pierre KREMER (*1886, ✝︎1932) et Marguerite GROWEN (*1889, ✝︎1978) pour être démoli en 1936 et être incorporé au Parc Municipal;
  14. Pont ferroviaire appelé Eisebunnsbréck, remplacé en 1974 par un pont piétonnier haubané – autrement plus élégant – dit Ficellsbréck.

Lieux-dits remarquables 1 à 7 :

  1. Schëtzebierg;
  2. Megonspesch, Meganckspesch, Megonsbierg, Megancksbierg;
  3. Marschallswiss;
  4. Wuermkrautwiss;
  5. Härebierg;
  6. Seitert;
  7. Bamerdall.

[photographie: NN; datations d’après les ouvrages de Jos. HERR, Aloyse DAVID et Th. WEILER; silhouettage et légende bp_2021]

 

171) …. c’est en travaillant la terre de son jardin sur la rive gauche de la Sûre, en aval du pont construit en 1842, que le tanneur Nicolas Henri VALERIUS (*1813, ✝︎1899), fils du géomètre Richard Pancrace VALERIUS (*1773, ✝︎1842) et père du légendaire toubib Albert VALERIUS (*1844, ✝︎1917) alias «Bënneweechen», aurait découvert vers le mois de septembre 1847 des vestiges de substructions romaines, et entre autres antiques, un médaillon à l’effigie de l’empereur Caracalla, mort assassiné en 217 après J.-C. à l’âge de 29 ans. D’après François Julien VANNERUS (*1779, ✝︎1850), les nombreux artéfacts romains déterrés au lieudit «op der Tonn» – tonn, tom ou thom pour tumulus – suggèrent l’existence en ces lieux d’un site funéraire ou d’un sanctuaire de l’ère romaine. Malheureusement les fouilles archéologiques de 2008 n’ont pas exploré le lieudit «op de Tonn» et n’ont donc pas pu vérifier l’hypothèse de VANNERUS. La découverte de deux fosses rectangulaires de plus d’un mètre de côté aux parois noircies par l’emploi de macérâts d’écorces de chênes broyées dans des moulins à tan (Lohmühle) prouve que des activités de tannage ont eu lieu dans le jardin de VALERIUS traversé par la branche est du Millebaach dans son trajet extra-muros. D’aucuns localisent – de manière peu convaincante, il est vrai – le lieu de découverte du médaillon de Caracalla en amont du pont sur la Sûre, près de la demeure de l’oncle paternel de Nicolas Henri VALERIUS, le tanneur et tisserand Charles Gaspard VALERIUS-MARSCHALL (*1778, ✝︎1821) décédé bien avant la découverte du médaillon de Caracalla. (bp, 2021-10-03_bp)

 

 

Au pôle sud-est de la Vieille Ville de Diekirch se trouve le jardin de Henri Nicolas VALERIUS-STEICHEN (VA) qui comprend à son extrémité ouest le lieu-dit (pointillé blanc) et supposé site romain (pointillé vert) «op der Tonn». Les fouilles archéologiques de 2008 de la rue Alexis HECK (pointillé jaune) n’ont pas exploré le site «op der Tonn». Les carrés bruns foncés donnent l’emplacement approximatif des deux fosses de tannage découvertes lors des fouilles archéologiques de 2008. La maison de Charles Gaspard VALERIUS-MARSCHALL se trouve à l’extrémité ouest du Marschalls Pesch. Les SCHROELL y installeront leur imprimerie (Wächter an der Sauer, Landwirt). L’immeuble fut démoli en 1941. [Plan de la Ville de Diekirch d’après un croquis orioginal de Jules VANNERUS; graphique: bp_2021]

 

Médaillon de CARACALLA déterré en 1847 dans le jardin de Henri Nicolas VALERIUS-STEICHEN près du pont de Diekirch avec un buste lauré de Caracalla vu de droite à l’avers (au milieu) et trois frontispices de temples, au sommet trois couronnes de laurier, dans l’intérieur trois figures [au milieu, assis, l’empereur Septime Sévère (146-211) avec à sa droite, debout, vêtu de son habit gaulois descendant jusqu’aux talons, son fils ainé, Caracalla (188-217) et à sa gauche, debout, en costume de guerre romain, son fils cadet Geta (189-211), assassiné sur ordre de son frère en 211] au revers (à droite). A gauche, revers d’un médaillon de référence représentant à l’identique les trois frontispices habités. [Dessin original : M. GOMAND_1848, modification: bp_2021]

 

170) … le Major BRUCK (*1818, ✝︎1870), originaire de Diekirch, avait prédit avec insistance dans toutes ses publications de 1851 à 1858 la survenue en 1866 d’une épidémie meurtrière balayant l’Europe entière. Et de fait, le choléra a fait des ravages à Diekirch – mon pauvre Diekirch, mon endroit natal – en fauchant 243 des 3086 habitants en mars et avril 1866, ce qui équivaut à un taux de mortalité mensuelle approximatif de 4% soit 1 décès par mois pour 25 habitants. Sur les 12 premiers mois de pandémie au Luxembourg, le COVID-19 affiche un taux de 0,01% et entraine donc 400 fois moins de décès que le choléra en 1866. Faisant fi de la découverte en 1854 du vibrion cholérique par l’anatomiste italien Filippo PACINI (*1812, ✝︎1883), BRUCK persiste et signe en 1867 que le choléra et toutes les épidémies et maladies générales ont leur origine dans les mouvements magnétiques provenant des déplacements des systèmes magnétiques du globe terrestre. Pour les épidémies ou catastrophes naturelles récurrentes BRUCK définit bien des périodicités supposées mesurer l’évolution de la terre et de l’humanité mais il n’a jamais osé faire des prévisions concrètes à long terme. D’autres plus hardis, s’appuyant sur les «Lois de Brück», fondements de la nébuleuse «Mathématique de l’Histoire», prévoient une parousie ou seconde venue du Christ pour l’an 2180. Par ailleurs, qu’on applique une périodicité brückienne quinquaséculaire (516 ans), seizennale (16 ans) ou quadriennale (4 ans), aucune pandémie n’est prévue pour l’an 2020. (bp, jb, pb, erb, 2021-05-03_bp)

 

 

Graphique donnant le nombre de décès par jour (colonnes bleues, ordonnée de gauche) et le nombre cumulé de décès (ligne verte, ordonnée de droite) pour toute la durée de l’épidémie du choléra à Diekirch en mars et avril 1866. Les chiffres sont extraits de l’article Die Cholera im Jahre 1866 (pages 174-189) dans Diekirch im Wandel der Zeiten de Pierre OLINGER. Les chiffres publiés dans Der Wächter an der Sauer du 6 mai 1866 n’en diffèrent qu’insensiblement; les rares écarts constatés concernent des décès enregistrées début mars 1866 et début mai 1866 pour lesquels une relation de cause à effet avec l’épidémie cholérique peut être mise en doute. [Graphique: bp_2021-04-18]

 

 

En 1866 le choléra est 400 fois plus mortel que le COVID-19 en 2020. Si le COVID-19 avait le même taux de mortalité que le choléra en 1866 il aurait causé 30.000 décès au Luxembourg en 2020. En 2020 le traitement du choléra par réhydratation entérale ou parentérale et antibiotiques dans les cas graves est parfaitement efficace et le taux de mortalité actuel du choléra en nos contrées tend vers zéro. Un jour il en sera peut-être de même pour le COVID-19. [Mappemonde avec nombres de personnes infectées par million d’habitants (prévalence), nombres de décès par million d’habitants (mortalité) et nombres de décès par 100 personnes infectées (létalité) par le Luxemburger Wort, modifié: bp_2021-03-31]

 

169) … en l’an 1830, à l’orée de la révolution belge, le bouillant Nicolas Rémy BRÜCK, né à Diekirch le 1er octobre 1818 se retrouve orphelin à l’âge 12 ans, ce qui ne l’empêche pas de briguer dès son jeune âge une carrière militaire au sein de l’armée belge. C’est avec l’aide de son cousin (5e degré de parenté), le futur Général Jean Georges WEILER (*1804, ✝︎1871), également originaire de Diekirch, qu’il parvient à atteindre son objectif. Sorti de l’école militaire de Bruxelles en 1840 il se lance corps et âme dans la recherche scientifique. Mais ses mémoires traitant du magnétisme terrestre et de son action considérable sur la circulation de la vie dans les végétaux et les animaux et sur les destinées de l’humanité présentés à l’Académie en 1847 furent sèchement refusés. Désabusé mais non anéanti, le Major BRÜCK redoubla d’efforts et d’imagination; il calqua une partie historique sur la partie scientifique de ses recherches. De cet amalgame scientifico-philosophique il distilla une conception visionnaire de l’histoire de l’humanité, révolue et à venir; elle sombra à l’identique dans l’indifférence des lecteurs et lui attira les foudres des académiciens. Misérable et démuni, Nicolas Rémy BRÜCK s’éteint le 21 février 1870 à Ixelles après une vie de lutte, de déboires, de privations et de mortifications. Avoir depuis 1910 une rue à son nom à Bruxelles – si courte soit-elle – est pour lui reconnaissance posthume et le sauve de l’oubli. (bp, cb, jb, cob, mib, ag, gd, pid, 2021-08-27_bp)

 

 

Vue aérienne de Watermael-Boitsfort situé en périphérie bruxelloise (Orthophoto de la Région Bruxelles – Capitale) avec en 1) la Maison communale, en 2) l’Académie des Beaux-Arts, en 3) l’Avenue DELLEUR, en 4) la Place Léopold WIENER, en 5) le Boulevard du Souverain et en 6) les Étangs du Leybeek. La Rue Major Nicolas-Rémy BRÜCK se trouve au centre de l’image, encadrée d’un trait pointillé rouge. Signalons que la maison communale (1), ancienne vénerie, appartenait jusqu’en 1867 à la famille LE HARDY DE BEAULIEU dont émane Aline LE HARDY DE BEAULIEU (*1848 à Mons, ✝︎1940 à Uccle) épouse de Léon Victor Julien WEILER (*1844 à Liège, ✝︎1909 à Bruxelles), fils du second lit du Général Jean Georges WEILER (*1804 à Diekirch, ✝︎1871 à Ixelles), cousin au 5e degré de Nicolas Rémy BRÜCK. [Image de fond: Google-Earth_2021; légende: bp_2021]

 

Plaque – parfaitement bilingue – de la « Rue Major Nicolas-Rémy BRÜCK (1818-1870) Scientifique – Wetenschapper Straat » sur la façade «graffitée» du gymnase de l’ancienne école communale de Boitsfort-Centre transformée en 1940 en bureau de ravitaillement où l’Administration communale délivrait les timbres et les bons de rationnement. [Source: Chroniques de Watermael-Boitsfort N° 31 – juin 2015, page 15; Image: Google-Earth_2015; modifiée: bp_2021]

 

168) … la Ville de Diekirch a failli voir couronner une de ses filles: Brita GERSON (*09.08.1944), fille de l’artiste-peintre local Roger GERSON (*1913, ✝︎1966), participa le 8 novembre 1962 – elle venait d’avoir dix-huit ans – au concours de Miss World 1962 au Lyceum Theatre à Londres qui accueillit entre 1960 et 1980 de prestigieux groupes rock comme The Grateful Dead, Bob Marley and the Wailers, Led Zeppelin, Queen, The Police, The Who, Emerson, Lake & Palmer, Colosseum, U2 et Culture Club. Malheureusement la teen-ager diekirchoise – jolie môme à la frimousse espiègle – ne réussit pas à accéder au chapitre des 15 beautés demi-finalistes, parmi lesquelles la batave Catharina «Rina» Johanna LODDERS (*18.08.1942), originaire de Haarlem dans la province Noord-Holland, remporta la palme et le titre de «Miss Monde 1962». Flanquée de ses 4 dauphines finlandaise (2e), française (3e), sud-africaine (4e) et japonaise (5e), elle fut parée des insignes royaux: couronne, sceptre et cape de velours violet brodée d’hermine. Le 12 avril 1964 Rina LODDERS épousa le chanteur américain Chubby CHECKER (*03.10.1941). C’est pour «Let’s twist again», chanson élue «Best Rock & Roll Recording», que Chubby CHECKER alias Mister Twister obtint un Grammy Award en cette même année 1962. Que de têtes couronnées! (bp, 2020-12-26_bp)

 

 

Brita GERSON, posant en 1962 – l’année de sa participation au concours «Miss World» à Londres – avec son père Roger GERSON devant une de ses toiles représentant le Neelcheswee à Diekirch. [Théo MEY_1962, Photothèque de la Ville de Luxembourg]

 

Photo de famille rassemblant 27 des 33 concurrentes pour le titre de Miss World 1962 au Lyceum Theatre à Londres: De gauche à droite et de bas en haut les représentantes des pays suivants: (assises) 1. Argentina (9e), 2. Austria, [3.] Belgium (6e), 4. Brazil, 5. Canada, 6. Free China (Taiwan), 7. Cyprus, [8.] Denmark (7e), 11. Finland (2e), 12. France (3e), 13. Germany, 14. Greece, 15. Holland (1re), 16. Iceland et (debout) [19.] Italy, [21.] Japan (5e), [22.] Jordan, 23. Korea, [24.] Luxembourg (L), 25. New Zealand, [27.] South Africa (4e), [28.] Spain, 29. Sweden, 31. United Kingdom (13e), 32. Uruguay (14e), 33. USA (8e) et 34. Venezuela (15e). Les concurrentes équatorienne, indienne [10e], irlandaise, israélienne [11e], jamaïquaine [12e] et portugaise ne figurent pas sur la photo faite au début du concours; elles n’étaient pas arrivées à temps à Londres. La malheureuse irlandaise Muriel O’HANLON était bien arrivée à temps, mais elle avait oublié son maillot de bain. Les numéros noirs sur disques blancs fixés aux poignets des concurrentes correspondent aux numéros de départ attribués par ordre alphabétique. Ils sont placés entre crochets lorsqu’ils ne sont pas apparents ou illisibles. Les macarons jaunes et les chiffres entre parenthèses indiquent le classement du top quinze. [Photographie officielle du Concours Miss World 1962, 02.11.1962, modifiée_bp; légende: bp_2020-09-10]

 

167) … deux peintures à l’huile de l’artiste local Roger GERSON (*1913, ✝︎1966) datant de 1949 et représentant des vues panoramiques similaires de Diekirch se retrouvent l’une à l’Hôtel de Ville de Diekirch, l’autre au Centre d’Accueil à Mount Vernon/Iowa aux USA. Après la Deuxième Guerre Mondiale certaines villes américaines avaient adopté des localités du vieux continent dévastées sous les tirs croisés des obusiers allemands et américains. La population de Mount Vernon avait choisi de parrainer la Ville de Diekirch avec ses 7 War Orphans: René (*26.05.1939) et Pierre (*06.01.1942) NOESEN, fils d’Antoine NOESEN, fusillé le 25.02.1944 à Hinzert; Pierre (*21.08.1941) et Henri (*31.03.1940) MATGEN, fils de Valentin MATGEN, décédé le 27.09.1944; Colette (*26.07.1935) et Jacqueline (*03.06.1938) WEYLAND, filles de Jean-Pierre WEYLAND, décédé le 03.12.1945 ainsi que Nicole LEMMER (*12.05.1940), fille de Jean LEMMER, fusillé le 25.02.1944 à Hinzert. 42 ballots de vêtements, souliers, draps, savon, denrées et livres pesant en tout 572 kg, un projecteur Kodascope ® et des fonds de l’ordre de 500 $ ont finalement pu être distribués à Diekirch. En guise de remerciement le maire de Diekirch Alphonse GREISCH (*1988, ✝︎1969) fit parvenir aux responsables de Mount Vernon, par l’entremise de sa fille Josyane (*1925, ✝︎2017), étudiante en bactériologie à l’Université de Champagne-Urbana/Illinois à quelque 336 km de Mount Vernon, ce tableau de Roger GERSON qui est actuellement exposé au Mount Vernon Visitor’s Center. English version. (bp, me, cw, fg, cb, jb, jib, mb,  2020-12-12_bp)

 

 

Distribution des cadeaux en provenance de Mount Vernon/Iowa (USA) en les locaux de l’école primaire à Diekirch en 1950. De gauche à droite: Nicolas BARTHEL (*1883; ✝︎1960), échevin; Sisy WEYLAND-SCHLIER, veuve de Jean-Pierre Antoine WEYLAND (*1897, ✝︎1945); Alphonse GREISCH (*1884, ✝︎1969), bourgmestre; Jenny PRINTZ-SCHLIER, soeur de Sisy WEYLAND-SCHLIER et épouse de Charles PRINTZ, librairie-papétrie PRINTZ; Andrée GREISCH, fille d’Alphonse GREISCH, soeur de Josyane GREISCH et épouse du député et ministre Jean WOLTER (*1926, ✝︎1980); Félicie LANNERS (*1909, ✝︎1992), enseignante de travaux ménagers; Soeur Consolatrix (BOCK); Mathilde FALTZ (*1917, ✝︎2013), institutrice; Victor ELZ (*1905, ✝︎1975); Soeur Martina (KRACK). [Photographie: NN_1950; Légende: Jos HERR in Diekirch, Hier et Aujourd’hui, 1980, p. 243]

 

Panoramas de la Ville de Diekirch au bord de la Sûre (en bas), vus des pentes du Herrenberg, deux huiles similaires par Roger GERSON datant de 1949, l’une exposée à l’ Hôtel de Ville de Diekirch, en haut à gauche, et l’autre au Visitor’s Center à Mount Vernon / Iowa (USA), en haut à droite, à 89km de Dubuque où le sculpteur diekirchois Michel DEUTSCH a exécuté la stèle funéraire du célèbre émigrant luxembourgeois Nicholas GONNER. [Photographies: Hôtel de Ville de Diekirch: bp_2014; Mount Vernon Visitor’s Center: Jerry L. MENNENGA_2019; Panorama de Diekirch à Diekirch: bp_2016; Panorama de Diekirch à Mount Vernon: Mary EVANS_2020, member of the Mount Vernon Historic Preservation Commission]

 

166) … en creusant, en 1842, dans la vieille Sûre, devant Diekirch, pour établir les fondements des piles du beau pont de Gilsdorf, que l’on vient d’y construire, on a trouvé, à la profondeur de deux mètres, un sceau en cuivre qui doit y avoir été jeté, il y a bien des siècles, et qui porte l’inscription «S[igillum] Johan van Diechry» ou «S[igillum] Johan van Dieckir». Il s’en est fallu du tir groupé de deux historiens renommés, tous deux originaires de Diekirch, Nicolas VAN WERVEKE (*1851, ✝︎1926) et Jules VANNERUS (*1874, ✝︎1970), pour redresser les erreurs de datation et d’attribution, dont furent victimes François-Julien VANNERUS (*1779, ✝︎1850), le grand-père de Jules, qui le datait au 14e siècle et l’attribua à Jean l’Aveugle (*1296, ✝︎1346) ainsi que le Chevalier Louis Charlemagne Joseph L’ÉVÊQUE DE LA BASSE-MOÛTURIE (*1784, ✝︎1849), qui le datait au 13e siècle (1205-1221) et l’attribua à un membre de la maison de Lorraine. VAN WERVEKE et VANNERUS réussirent à montrer que le sceau datait en fait du 15e siècle et qu’il avait appartenu à Johann SCHELLART alias Johann MERTINS, né avant 1430 et décédé après 1483, qui fut lieutenant du prévôt (Markvogt) de Diekirch de 1460 à 1483. Issu d’une famille noble aux ramifications paneuropéennes, Johann SCHELLART aurait résidé avec son épouse Jeanne D’AMEL à Diekirch pendant la deuxième moitié du 15e siècle. Jules VANNERUS restitua le sceau de «Jean de Diekirch» à la Ville de Diekirch en 1955; il en fut gratifié du titre de citoyen d’honneur de la Ville de Diekirch en 1959. (bp, 2020-11-11_bp)

 

 

Deux interprétations du sceau découvert en 1842 dans la Sûre à Diekirch: Louis Charlemagne Joseph L’ÉVÊQUE DE LA BASSE-MOÛTURIE, à gauche, identifie les 5 éléments du blason de Jean de Diekirch comme étant des alérions (petits aigles représentés les ailes étendues et pointant vers le bas, sans bec ni pattes) et l’attribue de ce fait à un représentant de la maison de Lorraine du 13e siècle, dont le blason est d’or, à la bande de gueules, chargée de trois alérions d’argent (fond jaune traversé d’une barre rouge, oblique de haut en bas et de gauche à droite, garnie de trois alérions en argent). L’interprétation du blason de Jean de Diekirch par Nicolas VAN WERVEKE et Jules VANNERUS, à droite, est la suivante: d’argent à la fasce (bande horizontale) de gueules (rouge) chargée de trois croisettes (petites croix) d’or et accompagnée de trois fleurs de lis de gueules (rouges), deux en chef (en haut) et une en pointe (en bas), tel est le blason de la famille des SCHELLART. [Reproduction des sceaux et blasons, transcription de l’inscription, arrangement graphique: bp_2020]

 

165) … les Villes de Diekirch et de Grevenmacher sont comme deux sœurs jumelles: elles furent affranchies au 13e sinon au 14e siècle; toutes deux sont dotées d’un même blason burelé d’azur au lion couronné; leurs sceaux du 14e siècle portent la même inscription «S[igillum] Libertatis in Dikirchen» respectivement «S[igillum] Libertatis de Machera»; les enceintes érigées au début du 14e siècle furent – ici et là – déposées à la fin du 17e siècle sur ordre des capitaines de guerre du roi soleil Louis XIV, le Maréchal BOUFFLERS à Diekirch et le Maréchal CREQUY à Grevenmacher – elles furent reconstruites ultérieurement; Saint-Laurent est le patron des églises paroissiales des deux chefs-lieux de district, l’un au Nord sur la Sûre, l’autre à l’Est sur la Moselle; par temps de souffrances et de privations des processions des rogations (Bittprozessionen) s’aventuraient extra-muros en direction de la Chapelle de la Sainte-Croix (Kreuzkapelle) et au 17e siècle des communautés franciscaines s’y sont établies. Seules les Hurysgässel situées en plein centre-ville et à Diekirch et à Grevenmacher n’ont pas encore livré leurs secrets qui permettraient d’en identifier une éventuelle origine commune. (bp, lf, 2020-10-10_bp)

 

 


Vieilles Villes de Diekirch, en haut, et Grevenmacher, en bas: Sur fond de carte topographique actuelle se dessinent, en rouge, les remparts et, en bleu, les Hurysgaessel. [Carte topographique: geoportail_2018; dessin et légende: bp_2018]

 

Sceaux (Freiheitssiegel) (en haut) et blasons (en bas) des Villes de Diekirch (à gauche) et Grevenmacher (à droite). La transcription exacte, caractère pour caractère, de l’inscription originale des sceaux se trouve sur l’anneau gris extérieur. Contrairement à la version actuelle des blasons de Diekirch et Grevenmacher qui comportent chacun 10 barres horizontales alternantes, le sceau original de Diekirch en comporte 13 alors que le sceau original de Grevenmacher en comporte 8. [Reproduction des sceaux et blasons, transcription de l’inscription, arrangement graphique: bp_2020]

 

164) … Jean Joseph RICHARD (*1788 à Clervaux, ✝︎1872 à Niedersgegen), grand-père du notaire diekirchois Joseph Isidore RICHARD (*1852 au Château de Kewenig, ✝︎1914 à Diekirch) avait pris pour épouse Suzanne Julienne D’ENNERSHAUSEN (*1793 à Luxembourg, ✝︎1843 à Niedersgegen), fille du juge diekirchois, Jean Laurent D’ENNERSHAUSEN (*1752 à Niedersgegen, ✝︎1811 à Diekirch). Il quitta son Clervaux natal pour élire domicile de l’autre côté de l’Our en terre germanique. Architecte-bâtisseur infatigable Jean Joseph RICHARD est à l’origine de l’imposante ferme-château PETRY et du château BOUVIER à Niedersgegen / Körperich à une vingtaine de kilomètres de Diekirch. En 1816, il fit l’acquisition du Château de Kewenig, élégante demeure seigneuriale blottie dans un vallon idyllique situé à une enjambée de Niedersgegen. Des générations durant le Château de Kewenig appartenait à la famille des VON STEIN. A la mort de Peter Franz VON HAGEN, «seigneur de Kewenich» depuis son mariage avec Klara Beatrix VON STEIN (✝︎1790), la lignée directe des VON STEIN s’éteignit et le Château de Kewenig devint propriété des seigneurs de Bettendorf – Pierre Ernest Joseph D’OLIMART avait épousé en 1723 Marie Marthe Claire VON STEIN – avant que la famille RICHARD ne s’y installa pour y résider pendant deux siècles. (bp, frw, pds, 2020-06-26_bp)

 

 

Le Château de Kewenig après sa restauration entamée en 2012 par les propriétaires actuels: Deux ailes latérales symétriques, plus récentes, flanquent un corps central qui constitue la partie la plus ancienne. Armé de quatre tours angulaires, le donjon original était entouré de douves pour en faire un véritable château fort. Le blason familial des VON HAGEN – VON STEIN se trouve au-dessous du balcon central. [Photographie: bp_2018-05-24]

 

En haut, blason garnissant l’entrée du Château de Bettendorf avec, à gauche, les armoiries de la famille D’OLIMART et, à droite, celles de la famille VON STEIN. En bas, blason incorporé à la façade principale du Château de Kewenig comportant, à gauche, les armoiries de la famille VON STEIN et à droite celles de la famille VON HAGEN [Photographies: Château de Bettendorf: bp_2019-05-01; Chateau de Kewenig: bp_2018-05-24; Graphique et légende d’après D. ERPELDING, Heraldik: bp_2018]

 

163) … issu d’une illustre famille de tanneurs clervalloise, Joseph Isidore RICHARD, né le 9 février 1850 au Château de Kewenig et décédé le 5 janvier 1914 à Diekirch, officiait comme notaire à Diekirch de 1897 à 1913. A ses heures perdues, son oncle maternel, Lucien RICHARD (*1820, ✝︎1900), président du tribunal de et à Diekirch de 1859 à 1866, posa avec une assiduité de bénédictin les fondements de la généalogie familiale éditée à titre posthume dans les années 1920 par son fils, l’ingénieur Léon RICHARD (*1863 à Diekirch, ✝︎1956). En 1900 le notaire RICHARD, qui avait épousé en 1893 Laure SCHAACK (*1872), fille de l’avocat diekirchois Félix SCHAACK (*1839, ✝︎1901), commandant des sapeurs-pompiers de 1873 à 1877, membre du conseil communal de 1875 à 1899 et président de la Philharmonie municipale de 1893 à 1902, érigea une somptueuse demeure en l’avenue de la Gare à Diekirch, qui comportait à son angle nord-est une entrée séparée pour son étude de notaire. Après le trépas du notaire, l’imposant immeuble fut transformé en hôtel-restaurant; l’Hôtel Beau-Site accueillit ses premiers hôtes en juin 1930 et fut repris ultérieurement par Michel HOURT (*1888, ✝︎1943). Transitoirement germanisé en Park-Hotel par l’occupant nazi, il passa aux mains de la Brasserie de Diekirch avant que la Ville de Diekirch ne s’en porte acquéreuse en 1956. L’immeuble devint enfin Hôtel de Ville en 1959 et le cabinet notarial original mua en état-civil et bureau de la population. (bp, frw, rgl, pds, msj, 2020-06-24_bp)

 

 

L’Hôtel de Ville de Diekirch, le jour de l’inauguration (28 février 1959) en présence de la Grande-Duchesse Charlotte, du Prince Félix, du ministre d’État, Pierre WERNER, du président de la Chambre des Députés et ministre d’État honoraire, Joseph BECH, nommé Citoyen d’Honneur de la Ville de Diekirch le 9 mai 1959, ainsi que de l’évêque, Monseigneur Léon LOMMEL. Gageons que d’aucuns se reconnaîtront parmi la foule toute aussi nombreuse qu’intéressée. [Photographie: NN_1959; publication: J. HERR in Diekirch, Hier et aujourd’hui, Histoire illustrée et population1980, p. 267]

 

Élévation des façades est (à gauche) et nord (à droite) de l’Hôtel de Ville de Diekirch avant la restauration de 2010-2013: entrée séparée marquée d’un cercle rouge sur la façade est et locaux occupés par le bureau de la population et l’état civil encadrés de rouge sur la façade nord. [Graphique: bp_2020-05-18 d’après les plans dressés par Marc SPEICHER, architecte, 2008]

 

A gauche, la Villa RICHARD et à droite, l’Hôtel Beau-Site. L’entrée séparée à l’angle nord-est est signalée par un cercle rouge. Légende: a) Maison DEUTSCH (1895-1902), Maison BRÜCHER-KLEIN (1902-1909), Maison WELL-SCHOMMER (1909-1974), Bureau de Police puis enfin Recette municipale; b) Villa RICHARD (après 1900), Hôtel Beau-Site (après 1930), Hôtel de Ville (après 1959); c) Hôtel Maison Rouge renommé ultérieurement Hôtel du Parc; d) Gendarmerie (détruite pendant le 2e Guerre Mondiale); e) Gymnase respectivement Lycée classique de Diekirch. [Images: Cartes postales anciennes; Arrangement et légende: bp_2020-06-10]

 

162) … à l’aube de la 2e Guerre Mondiale, les frères KETTEN, rosiéristes au Limpertsberg, présentèrent leur nouvelle création, la rose «Grande-Duchesse Charlotte», aux visiteurs de la «Foire agricole du Centenaire» qui se tenait à Diekirch du 3 au 10 septembre 1939. Hybride de thé d’un rose saumon éclatant, la «Grande-Duchesse Charlotte» venait de décrocher le «Prix de Rome» en 1938. Le rosiériste américain Robert PYLE (1877, ✝︎1951) de West Grove en Pennsylvania (USA) en fit l’acquisition des droits et présenta la rose luxembourgeoise à différents concours outre-atlantique: C’est ainsi que la «Grande-Duchesse Charlotte» fut médaillée d’or au «Portland Rose Trial» en 1941 et obtint une nomination pour la «All American Rose Selection» en 1943. Depuis sa présentation à Diekirch en 1939, la «Grande-Duchesse Charlotte» a donc fait une brillante carrière en parcourant le monde, tout comme la «Queen Elizabeth», autre hybride de thé grandiflora de renommée mondiale créée en 1954 par le pépiniériste LAMMERTS aux Etats-Unis et couronnée «Rose favorite du monde» en 1978. En 2017 enfin, la Poste luxembourgeoise sort un timbre à l’effigie de la «Grande-Duchesse Charlotte» … et la rose eut son timbre à l’instar de son illustre éponyme. (bp, cw, 2020-05-25_bp).

 

 

Le rosiériste Jean KETTEN du Limpertsberg avec un timbre-poste – sorti en 2017 – à l’effigie de sa création, la rose «Grande-Duchesse Charlotte» – présentée à Rome en 1938 et à Diekirch en 1939. [Photographie Jean KETTEN: www.helpmefind.com; Timbre-poste scanné et arrangement: bp_2019]

 

Les roses «Grande-Duchesse Charlotte» (en haut, à gauche) [Photographie: Eric Timewell; Publication: www.helpmefind.com] et «Queen Elizabeth» (en haut, à droite) [Photographie: Zixiette; Publication: www.all-my-favourite-flower-names.com], deux fameux hybrides de thé de renommée internationale.

 

161) … de roseraies il y en avait une à Ettelbrück (Jean THILL & fils resp. THILL frères), deux à Diekirch (Joseph THEIS, Bernard NOCKELS) et cinq à Schieren (Jacques KIRSCH, Valentin KIRSCH, Guillaume NISSER, Matthias SARTOR, Pierre MEISCH et fils). La culture des roses luxembourgeoise connût un déclin dramatique après la première guerre mondiale: La récession économique et le phylloxéra vastatrix – parasite américain importé au 19e siècle en Europe, qui touche autant les roses que les vignes avec 2,5 millions d’hectares de vignobles français détruits en 30 ans – sonnèrent le glas de l’industrie rosicole luxembourgeoise. La superficie des terres réservées au Luxembourg à la culture des roses passa de 100 ha en 1900 à 10 ha en 1939. Mais bien avant cela, le Baron Félix de BLOCHAUSEN (+1834, ✝︎1915), avocat à Diekirch de 1860 à 1870 et Ministre d’Etat de 1875 à 1885, résidant au Château de Birtrange à Schieren, s’était lancé à la rescousse des rosiéristes en leur suggérant de cultiver des betteraves sucrières à la place des roses. Le Baron lui-même se serait porté garant d’en racheter la production pour le compte de la sucrerie Diekirchoise «Fortschritt», dont BLOCHAUSEN fut membre fondateur et membre du premier conseil d’administration en 1869. Il n’est pas exclu que ce soit  pour l’en remercier que Jean KETTEN, rosiculteur à Limpertsberg, créa en 1884 une rose dédiée à la Baronne de BLOCHAUSEN (*1848, ✝︎1935). Bien que la variété figure dans de nombreux catalogues et autres ouvrages de référence, aucune image en a été retrouvée. (bp, cw, jb, pd, 2020-05-13_bp)

 

 

En haut, panorama sud de la Ville de Diekirch vers 1900 avec la voie ferrée (ligne blanche pointillée) passant la Sûre par le pont ferroviaire dénommé «Eisebunnsbréck» (à gauche), les Etablissements horticoles de Bernard NOCKELS (*1875, ✝︎1947) (silhouettage vert) et, en bas, deux vues sur les terres réservées à la rosiculture. A noter que les «Elektrizitäts- & Gaswerke der Stadt Diekirch» (silhouettage bleu, en bas, à gauche), situés au nord de la voie ferrée, n’existent pas encore sur le cliché panoramique en haut. Ils ont été construits en 1906-1907. [Photographies: en haut, Justin SCHROELL, ±1900; en bas, NN>1906; publication: N. BECKERICH in Diekirch, au fil du temps, 2012, p. 169; arrangement et silhouettage: bp_2020]

 

A l’avant-plan en bas, élévation de la façade principale du bâtiment industriel «Fortschritt», sucrerie ultérieurement incorporée à la Brasserie de Diekirch, sur fond du Projet d’urbanisation «Dräieck Dikrich» élaboré par BEILER & FRANCOIS, architectes, et présenté au conseil communal fin 2010 avec vote définitif du PAP le 28 janvier 2013. A droite, la rue de la Brasserie. [Graphiques: BEILER & FRANCOIS, architectes; arrangement: bp_2020]

 

160) … avant de prendre la succession du monumental Jean GUILLOU (*1930, ✝︎2019) aux Grandes Orgues de Saint-Eustache, l’Église des Halles à Paris, Thomas OSPITAL, né en 1990 à Ayherre en Pays basque (F), fut organiste titulaire à Ciboure, aux antipodes de Diekirch, sur la côte atlantique de l’hexagone, à une dizaine de kilomètres de la frontière espagnole. Sur la presqu’île intercalée entre les cités portuaires de Saint-Jean-de-Luz et Ciboure, un couvent des récollets fut implanté en 1611. Le couvent des récollets n’est cependant pas le seul dénominateur commun entre Ciboure – par ailleurs ville natale de Maurice RAVEL (*1875, ✝︎1937) – et Diekirch: Certains registres du nouvel orgue de Diekirch conçu et réalisé par la manufacture d’orgues THOMAS de Ster près de Francorchamps (B) proviennent en effet d’un ancien orgue de Ciboure. Dommage que le concert de Thomas OSPITAL prévu pour le 10 octobre 2019 en l’église décanale de Diekirch sur le nouvel orgue THOMAS avec ses tuyaux cibouriens n’ait pas pu avoir lieu. Les organophiles d’ici et d’ailleurs ont raté un heureux retour aux sources pour l’un et une escapade tout en musique sur un air de boléro pour les autres. Que de regrets ! (bp, mc, jb, 2020-04-15_bp)

Addendum: Trêve de regrets. Il est venu, de Paris, Thomas OSPITAL, en ce début d’automne 2021, pour nous offrir un concert d’exception sur un orgue d’exception. Que de bonheur ! (bp, 2021-09-23_bp)

 

 

Vue aérienne des cités portuaires de Ciboure et Saint-Jean-de-Luz séparées par la Nivelle qui se jette dans la baie de Socoa. Cartouche en haut à gauche: Couvent des récollets en silhouettage rouge sur la presqu’île intercalée entre Ciboure (en bas) et Saint-Jean-de-Luz (en haut). Cartouche en haut à droite: Situation des cités portuaires Ciboure et Saint-Jean-de-Luz en Pays basque dans le département des Pyrénées-Atlantiques à la frontière espagnole. En bas différentes vues du Couvent des récollets de Ciboure au fil du temps. A droite projection d’un Projet de réaménagement datant de 2017. [Vues aériennes: Google Earth_2019; Images du couvent récollet de Ciboure: nbi_2019; Arrangement, graphique et légende: bp_2019-04-06]

 

Les Grandes Orgues de Saint-Eustache à Paris (le plus grand orgue de France), à gauche, (facteur d’orgues: DUCROQUET / BARKER, restauration par Jan VAN DEN HEUVEL en 1985, ± 8.000 tuyaux, 101 jeux sur 5 claviers et pédalier; organistes titulaires: Thomas OSPITAL et Baptiste-Florian MARLE-OUVRARD) et les Grandes Orgues de Saint-Laurent à Diekirch, à droite, (facteur d’orgues: THOMAS, 3.356 tuyaux, 51 jeux sur 3 claviers et pédalier; organiste titulaire: Maurice CLEMENT). [Photographies: Paris: bp_2017-09-09; Diekirch: bp_2016-06-11; image de l’orgue projetée sur l’écran: Raymond CLEMENT_2016]

 

159) … les couvents récollets de Bastogne (B) – l’ainé, Durbuy (B), Troisvierges (L), Schleiden (D), Hamipré (B), Luxembourg (L), Diekirch (L) et Virton (B) – le benjamin, faisaient partie du réseau monastique des franciscains de l’ancien Duché de Luxembourg (1353-1795). À la fin du 18e siècle toutes ces communautés conventuelles furent dissoutes et les biens du clergé furent confisqués par la révolution française. Touché à mort par les obus déversés sur la Ville de Diekirch lors de l’Offensive de von RUNDSTEDT, le couvent de Diekirch situé en bordure de la Place Guillaume ou «Kluuster», par-devant le Palais de Justice, fût rasé en 1948. Celui de Luxembourg fut démoli en 1830 et ses fonds s’en trouvèrent aménagés en place publique: la Place Guillaume II ou «Knuedler» accueille depuis lors l’Hôtel de Ville de la capitale construit avec les matières récupérées de l’ancien couvent. À ce jour n’existent donc plus que les locaux conventuels de Bastogne, Durbuy, Hamipré, Virton et Troisvierges, qui entretemps furent affectés à d’autres fins: complexe résidentiel, commerce, salle de vente, cinéma, exploitation agricole, musée ou presbytère. Virton fut privé de son église en 1830, Bastogne en 1930 et Schleiden en 1944. Fait remarquable, toutes ces implantations franciscaines sont situées sur ou à proximité de voies romaines qui connectaient entre elles les agglomérations importantes de l’ère romaine: Metz, Reims, Bavay, Tongres, Cologne et Trèves. (bp, mm, nag, nig, af,  2020-04-14_bp)

 

 

Réseau franciscain (étoiles) et infrastructures routières romaines (trait noir discontinu) du Duché de Luxembourg: En Belgique (labels jaunes), Bastogne, Durbuy, Hamipré et Virton, en Allemagne (label rouge), Schleiden et au Luxembourg (labels bleus), Troisvierges, Diekirch et Luxembourg. [Fonds: Le portail officiel du Grand-Duché de Luxembourg, Cartes historiques du Luxembourg, Démembrement territorial; Voies romaines: D’après « Les Gallo-romains », plaquette éditée par le Musée Archéologique d’Arlon; Graphique et légende: bp_2019-02-17]

 

Sélection de 27/44 images (3 images sélectionnées par site sauf 6 images pour le site de Luxembourg) illustrant la situation des couvents franciscains-récollets du Duché de Luxembourg et leur évolution au fil du temps. L’album complet des 44 images commentées est disponible ici. [Documentation, graphique et légende: bp_2020]

 

158) … un siècle et demi sépare les ostensoirs de Diekirch et de Troisvierges. Alors que le curé de Diekirch, Johann Wilhelm AUGST (*1708, ✝︎1783) à commandé un ostensoir en argent à l’orfèvre Johann SCHEFFER de Luxembourg en 1752, les frères WUNSCH, orfèvres à Diekirch de père en fils, ont conçu et confectionné l’ostensoir de Troisvierges en 1908: Henri Constant WUNSCH (*1875, ✝︎1959) l’a imaginé et son frère ainé François Joseph WUNSCH (*1868, ✝︎1951) l’a assemblé. A en croire la littérature hagiographique Fides, Spes et Caritas, les trois filles de Sainte Sophie – die kalte Sophie, la dernière des cinq saints de glace célébrés du 11 au 15 mai – mises en scène par l’ostensoir des orfèvres diekirchois auraient subi le martyre vers 130 après Jésus Christ à Rome. Outre les Trois Vierges, l’ostensoir des deux frères orfèvres décline également les quatre évangélistes en autant de médaillons disposés en rosette autour de la lunule centrale destinée à recevoir l’hostie consacrée: Saint Matthieu, Saint Luc, Saint Jean et Saint Marc. Depuis 2011 l’ostensoir de Diekirch financé aus den Kollekten der Stadtkirche und der Filialkapellen sowie mit den von «particularen in- und auswendig der pfaar» erbrachten Zuwendungen se trouve exposé au Musée d’Histoire[s] à Diekirch (MH[s]D). (bp, cw, mm,  2020-03-13_bp)

 

 

A gauche, l’ostensoir à lunule hexagonale de Diekirch de 1752 (Strahlenmonstranz) par Johann SCHEFFER, orfèvre à Luxembourg; à droite, l’ostensoir à lunule ronde de Troisvierges de 1908 par les orfèvres WUNSCH de Diekirch détaillant les Trois Vierges, Fides, Spes et Caritas, leur mère, Sainte Sophie et les quatre évangélistes. [Photographies: à gauche, Ostensoir de Diekirch bp_2013-04-06; à droite, Ostensoir de Troisvierges bp_2019-01-20]

 

Inscriptions sur l’embase de l’ostensoir WUNSCH de Trosvierges. En haut, les orfèvres exécutants, en l’occurrence Henri [Constant] WUNSCH (*1875, ✝︎1959) «inv.[entor]» et son frère FR[ançois Joseph] W[UNSCH] (*1868, ✝︎1951) «const.[ructor]». En bas, le commanditaire, D. D. P. SCHMITZ de BIWISCH et l’année de commande resp. de confection: 1908. [Photographies, montage et légende: bp_2019-01-20]

 

L’ostensoir de Troisvierges des frères WUNSCH détaillant les trois Vierges: à gauche, Fides (Foi) avec son emblème, la croix; en haut, Caritas (Charité) avec son emblème, le cœur en flammes; à droite, Spes (Espérance) avec son emblème, l’ancre; en bas, leur mère, Sainte Sophie (kalte Sophie) et les quatre évangélistes: en haut, Saint Matthieu avec son emblème, l’homme représenté par un ange; à droite, Saint Luc avec son emblème, le taureau; en bas, Saint Jean avec son emblème, l’aigle; à gauche, Saint Marc avec son emblème, le lion. [Photographie: Ostensoir de Troisvierges bp_2019-01-20; Graphisme et légende bp_2019-02-13]

 

157) … le 7 décembre 1841 fut organisé à Diekirch une réception avec fête populaire en l’honneur du Roi – Grand-Duc Guillaume II (*1792, ✝︎1849). Le 21 août 1841, la non-ratification du traité d’adhésion du Luxembourg au Deutscher Zollverein avait fait germer des animosités au sein de la population luxembourgeoise secouée par le traité de Vienne (1815), la révolution belge (1830) et le traité de Londres (1839). A Diekirch les autorités locales avec à leur tête le bourgmestre Vendelin JURION (*1806, ✝︎1882), étaient farouchement opposées à l’union douanière allemande. A la suite d’une violente altercation entre opposants et partisans du Zollverein pendant l’oraison du bourgmestre JURION, Jean-Pierre DUMONT (*1790, ✝︎1854), receveur de l’enregistrement et membre du comité d’organisation des festivités, d’une part, et Jean Baptiste KUBORN (*1806, ✝︎1841), médecin, d’autre part, en sont venus aux mains: DUMONT poignarda KUBORN qui succomba à ses blessures deux heures plus tard. Politischer Mord in Diekirch! Zu Gunsten des Mörders, dem die Honoratioren der Stadt [..] ihr Beileid bezeugten [sic], suchte man diese schändliche That auf alle mögliche Art zu bemänteln und […] das Gerücht des Messerausgleitens beim Oeffnen einer Champagnerflasche aufrecht zu erhalten. So geht’s jetzt im deutschen Bundeslande Luxemburg!… titraient les journaux de la confédération germanique. Tout le contraire de la presse autochtone et des historiographes locaux qui passent le fait divers sous silence. (bp, chw, rob, jb, 2020-03-10_bp)

 

 

Le 21 août 1841 le Roi – Grand-Duc Guillaume II n’a pas ratifié le traité d’adhésion du Luxembourg à l’Union douanière allemande à la Hague. Cependant, le 8 février 1842 le Luxembourg adhère définitivement au Deutscher Zollverein dont il reste membre jusqu’à la fin de la 1re Guerre Mondiale. [Graphique: Pischdi CC BY-SA 2.5; Modifications: bp_2019-12-24]

 

L’Almanach Royal et du Commerce de Belgique pour l’an M DCCC XXX VIII (1838) présenté à Sa Majesté Léopold I (*1790, ✝︎1865), Roi des Belges, donne une description détaillée de l’Administration municipale et financière de la Ville de Diekirch (2.190 habitants) – avec M. Jean Pierre DUMONT aux fonctions de receveur de l’enregistrement et de conservateur des hypothèques, de l’Instruction publique et des Beaux-arts – avec en particulier le corps professoral du progymnase de Diekirch, du Service militaire et du Service de Santé – avec le médecin Jean Baptiste KUBORN et le chirurgien André SUSCHENSKY, originaire de Petrovaradin-Novi Sad en Serbie. Avec le traité de Londres signé l’année suivante, en 1839, prit fin l’hégémonie belge sur l’actuel Grand-Duché de Luxembourg qui s’était installée avec la Révolution belge en 1830. Transcription de la page 369 de l’Almanach Royal de 1838 avec, en rouge, les protagonistes du coup de main du 7 décembre 1841 et, en bleu, les membres du corps enseignant du progymnase de Diekirch en 1838. [Recherche documentaire, scan,  arrangement graphique et transcription: bp_2020]

 

156) … vers 1870 les quatre frères-abbés Charles (*1830), Auguste (*1832), Jules (*1835) et Emile (*1838) MÜLLENDORFF, fils des époux Jean Baptiste Michel MÜLLENDORFF (*1791, ✝︎1863) et Anne Catherine SCHROBILGEN (*1799, ✝︎1876), soeur de Mathieu Lambert SCHROBILGEN (*1789, ✝︎1883), concélébrèrent «en famille» la sainte messe à la Cathédrale de Luxembourg. Sa réputation de franc-maçon farouche et d’anticlérical radical n’empêchait pas SCHROBILGEN de cultiver des relations particulières avec ses quatre «noirs neveux» et leur cousin éloigné Victor MÜLLENDORFF (*1820, ✝︎1880), curé à Brandenbourg de 1857 à 1873. Pendant son séjour à Diekirch de 1870 à 1877, Mathieu Lambert SCHROBILGEN et Victor MÜLLENDORFF, qui partageaient la passion de la musique, se fréquentaient régulièrement: le séculier était violoniste accompli et l’ecclésiastique excellait à jouer de la flûte. Il se serait évertué à interpréter des oeuvres pour flûte de Jean Guillaume GABRIELSKI (*1791, ✝︎1846) dont il laissa des partitions recopiées de sa main à la postérité. En 1877 SCHROBILGEN quitta – abruptement et apparemment sans regrets – Diekirch pour Echternach alors que son «noir neveu» l’abbé Auguste MÜLLENDORFF (*1832, ✝︎1910) fit le pèlerinage en sens inverse pour prendre son service à la tête du pro-gymnase de Diekirch en 1881, fonction qu’il assumait jusqu’en 1904. Avec le directeur MÜLLENDORFF, mathématicien et physicien de formation, SCHROBILGEN partageait l’esprit cartésien et l’intérêt pour les sciences. (bp, 2020-02-12)

 

 

Les quatre frères-abbés MÜLLENDORFF, de gauche à droite, Emile (*1838), Jules (*1835), Charles (*1830) et Auguste (*1832) [Photographie: NN; publication: Jules MERSCH, Biographie Nationale du Pays de Luxembourg, Fascicule 3, p. 330] et, à droite, l’abbé Auguste MÜLLENDORFF (*1832, ✝︎1910), directeur du (pro-)gymnase de Diekirch de 1881 à 1904. [Photographie: Paul MAROLDT_1902, Publication: C. LANNERS: Le progymnase de 1848/49 à 1890/91 in Livre d’or du Lycée classique de Diekirch, 1992, p. 64]

 

François Joseph FETIS, Biographie universelle des musiciens et Bibliographie générale de la musique, Tome troisième, 1866, page de garde et pages 370-371: Biographie de Jean Guillaume GABRIELSKI (*1791, ✝︎1846). A droite, partition originale du Grand Trio concertant pour trois flûtes de [Jean] G.[Guillaume] GABRIELSKY [GABRIELSKI], recopiée par l’abbé Victor MÜLLENDORFF, (*1820, ✝︎1880), curé à Brandenbourg de 1857 à 1873 et flûtiste à ses heures perdues. [Scan, légende et arrangement: bp_2020-02-12]

 

155) … après avoir fait escale à Londres (1867-1869) et à Paris (1869), Mathieu Lambert SCHROBILGEN (*1789, ✝︎1883), avocat, fonctionnaire, journaliste, écrivain et musicien originaire de Clausen échoua sur les bords de la Sûre à Diekirch (1870-1877) avant de  terminer son périple à Echternach (1877-1883). Heureux propriétaire d’un AMATI – de 1535 à 1684 les AMATI furent les premiers luthiers de Crémone; ils ont formé les GUARNERI et les STRADIVARI – il avait pris l’habitude de gratter son violon d’Ingres en quatuor avec le liégeois Jean François PIROTTE, le bruxellois Auguste GREYSON et le bitbourgeois Vendelin JURION qui fut bourgmestre à Diekirch de 1835 à 1843. Et pourtant SCHROBILGEN, ou SCHRO pour les intimes, n’était pas tendre ni avec la Ville de Diekirch, ni avec ses habitants: S’inspirant sans doute de sa déclinaison onomatopéique en Di-Ki-Ri-Ki, il comparait le nom de la Ville de Diekirch «au cri d’un vieux coq enrhumé». A «Eselsbourg», autre sobriquet dont il gratifia sa généreuse cité d’accueil, «le vieux Merle voyageur» logeait d’abord chez le pépiniériste-rosiculteur Joseph THEIS, ensuite chez le mécanicien Jean BLAU et finalement au château d’en face de l’Hôtel des Ardennes, l’Ulrichsschlässchen, actuellement mieux connu sous le nom de Château WIRTGEN. A partir de 1876 il occupa 3 pièces au second étage de l’hôtel particulier de l’avocat Prosper LAEIS (*1825, ✝︎1885), demeure seigneuriale de la Béiergaass que SCHRO n’hésita pas à qualifier d’«une des plus belles maisons de Diekirch». (bp, 2020-02-08_bp)

 

 

Ancienne demeure de l’avocat Prosper LAEIS à l’entrée de la rue du Curé. Jusqu’en 1914, la famille SCHMIZ-LAEIS y tenait l’Hôtel MOSELLA. Du haut de son balcon, Rodolphe SCHMIZ (*1863), époux de Rosalie LAEIS (*1864), nièce de Prosper LAEIS (*1825), surveille ses 4 enfants, de gauche à droite, Elisabeth SCHMIZ, Marie Elise SCHMIZ alias «Mi» (*1899), Bernardine Rosalie SCHMIZ alias «Bim» (*1905) et Edouard SCHMIZ (*1903). La rédaction du journal «Der Fortschritt» y avait également élu domicile jusqu’en 1940. Le bâtiment dut finalement faire place à un immeuble résidentiel à 4 étages, la Résidence LAEIS. [Photographe: NN_1911; Publication: N. BECKERICH: Diekirch au fil du temps, 2012, p. 121].

 

Quatre portraits du Merle Voyageur Mathieu Lambert SCHROBILGEN. En haut à gauche,  SCHROBILGEN-Etudiant, portrait attribué à J. A. VALLIN; en haut à droite, SCHROBILGEN-Journaliste, dessin par J. B. FRESEZ datant de 1829; en bas à gauche, SCHROBILGEN-Epistolier, portrait attribué à J. B. FRESEZ; en bas à droite, SCHROBILGEN-Vieillard, photographie par D. KUHN. Les quatre portraits de SCHROBILGEN sont issus de la Biographie nationale du Pays de Luxembourg par Jules MERSCH, Fascicule 1, pages 23, 29, 55 et 80.

 

154) … le 27 janvier 1919 George Smith PATTON Jr. (*1885, ✝︎1945) note dans son journal de campagne qu’il est passé par Diekirch et qu’il a logé chez la belle-mère du chef de l’Armée Luxembourgeoise. Le challenge fut donc de dénicher une dame d’un certain âge, probablement veuve, qui habitait à Diekirch en 1919 et dont la fille avait épousé un officier qui faisait partie du commandement des forces armées luxembourgeoises. Parmi les membres du commandement de la gendarmerie et de la Fräiwëlligekompagnie, seuls les BECK, FERRON et STEIN avaient des liens familiaux avec la Ville de Diekirch. Alors qu’Eugène FERRON (*1875) – sa mère Marie Catherine BIVER était originaire de Diekirch – avait épousé Marie SOUVIGNIER de Bissen, BECK et STEIN avaient effectivement pris pour épouses des diekirchoises: Maurice STEIN (*1884) avait épousé Georgette SCHULZE (*1893), fille du pâtissier diekirchois Georges SCHULZE (*1867, ✝︎1925) et de Jeanne EVERLE (*±1870, ✝︎06.01.1919). Charles Joseph BECK (*1872) s’était marié en 1906 à Diekirch avec Marthe MERGEN (*1885), fille de Louis MERGEN (*1857, ✝︎1909) et de Caroline BIVORT (*1862, ✝︎1937). Parmi les trois prétendantes au titre de most interesting old lady décerné par PATTON, seule Caroline BIVORT, veuve de Louis MERGEN, conseiller communal de 1887 à 1909 et instigateur du projet de démolition de la Vieille Église, satisfait tous les critères: Le 27 janvier 1919 George Smith PATTON Jr. fut donc l’hôte de Madame Caroline MERGEN-BIVORT et logeait au 5, rue du Pont à Diekirch. (bp, fg, bn, cw, as, pk, vh, sh, pde, jb, 2020-01-27_bp)

 

 

George Smith PATTON Jr. posant en 1918 à Bourg (France) devant un char d’assaut français RENAULT FT. Il porte une veste taillée et ceinturée, à col haut et fermé, garnie de deux poches de poitrine dont celle de gauche, à droite, contient un objet plan rectangulaire dont les proportions sont celles du journal de campagne dont question ci-dessous. [Signal Corps – World War I Signal Corps Photograph Collection].

 

Journal de campagne de George Smith PATTON Jr. révélant son séjour à Diekirch du 27 au 28 janvier 1919 [Library of Congress, George S. Patton Papers: Diaries, 1910-1945, Original, 1918-1919; Transcription diplomatique et Traduction française: bp_2019-06-15]

 

Carrières des trois officiers faisant partie du commandement des forces armées luxembourgeoises en 1919 et ayant des liens familiaux avec la Ville de Diekirch: Charles Joseph BECK, Eugène Jean Baptiste FERRON et Maurice STEIN. Pour les autres officiers membres du commandement des forces armées luxembourgeoises en 1919, à savoir Pierre HECKMANN (*1865), Michel FRANCK (*1874), Pierre Edmond MILLER (*1890) et Aloyse Adrien JACOBY (*1895) il n’a pas été possible de découvrir la moindre trace d’une quelconque relation familiale avec la ville de Diekirch. [Données militaires fournies par Benoît NIEDERKORN (MNHM); Recherches généalogiques, conception du timeline et réalisation graphique: bp_2019-06-15]

 

Bal costumé à l’Hôtel des Ardennes de Diekirch en 1904: Assise au milieu du 1er rang Marthe MERGEN (*1885), future épouse de Charles Joseph BECK (*1872) avec, au 2e rang, sa mère Caroline MERGEN-BIVORT (*1862, ✝︎1937), épouse de Louis MERGEN (*1875, ✝︎1909). Madame Caroline MERGEN-BIVORT accueillera George Smith PATTON Jr. (*1885, ✝︎1945) le 27 janvier 1919 en sa demeure à Diekirch. [d’après J. HERR, in Diekirch, Hier et Aujourd’hui, 1980, p. 64-65; légende: bp_2020-01-20]

 

Le Lieutenant 1er Charles Joseph BECK (*1872), le jour de son mariage le 25 juin 1906 à Diekirch avec Marthe Elisabeth Reine MERGEN (*1885) au bras de sa mère Sophie BECK-KIEFFER (*1834) à la sortie de l’Hôtel de Ville, le Château WIRTGEN. [d’après J. HERR, in Diekirch, Hier et Aujourd’hui, 1980, p. 86-87; légende: bp_2020-01-20]

 

Lieu de séjour de George Smith PATTON Jr. à Diekirch la nuit du 27 au 28 janvier 1919: La maison de maître située au 5, rue du Pont appartenait aux époux Louis MERGEN (*1857, ✝︎1909) et Caroline MERGEN-BIVORT (*1862, ✝︎1937). En 1937 leurs héritiers, Marthe BECK-MERGEN (*1885) et son époux, le Major-Commandant e. r. Charles Joseph BECK (*1872) vendent la maison à Monsieur Paul DECKER, médecin-dentiste à Diekirch (*1908, ✝︎1985). [En haut, Plan des alentours de la rue du Pont en 2020: Géoportail_2020; légende: bp_2020-01-22; en bas, Plan des alentours de la rue du Pont en 1920: MH[s]D_2010; légende: bp_2020-01-22]

 

153) … en mai 1946 la dame Félicie LEYDER (*1893, ✝︎1961) – am 29. September 1921 zur Leiterin der städtischen Haushaltungsschule ernannt et démise de ses fonctions en 1941 par les Allemands – légua aux boy-scouts de Diekirch un terrain d’une superficie de 1,5ha situé am Floss. Les premiers abris hébergeant les éclaireurs à leur nouvelle adresse n’étaient autre que des Arbeitsdienstbaracken, des constructions rudimentaires tout en bois, désaffectées et abandonnées par les nazis. La nuit du 14 au 15 février 1953, à la suite d’une négligence, le baraquement inférieur servant de local de réunion fut ravagé par un incendie. En attendant la reconstruction en pierre du home inférieur, la Ville de Diekirch vint à la rescousse des scouts en leur proposant de les reloger dans les chalets mis en place par le «Don Suisse» au Megonsgaart. A la fin de la 2e Guerre Mondiale, l’oeuvre de charité internationale, le «Don Suisse», venait généreusement au secours des contrées européennes les plus éprouvées par les affres de la guerre. Ainsi furent inaugurées le 7 février 1946 à Diekirch et à Echternach, en présence de LL. AA. RR. les Princesses Elisabeth, Marie-Adélaïde et Gabrielle […] deux jardins d’enfants que le «Don Suisse» a mis à la disposition du Luxembourg. Les chalets suisses du Megonsgaart furent démontés fin des années cinquante pour faire place à la nouvelle Spillschull, dont la disposition en «L» se calqua sur l’agencement des anciens abris de fortune. (bp, rk, oh, 2021-06-07_bp)

 

 

Les homes scouts au 36, am Floss lors de l’inauguration en présence du Prince Jean en 6 juin 1948: sur des fondations maçonnées sont érigées trois Arbeitsdienstbaracken en provenance de Schrassig acquises pour le montant de 45.000 francs, l’équivalent de 1.115 euros. Actuellement le plus petit des baraquements se trouve en pleine forêt (non visible sur la photo ci-dessus) et sert de refuge aux Rovers. Le plus grand des baraquements, le bâtiment supérieur, sert de gîte d’étape: les installations sanitaires et la cuisine sont au rez-de-chaussée; les dortoirs et salles de séjour se trouvent au premier étage. Ces deux premiers baraquements conservent l’ossature et les panneaux en bois originaux des Arbeistdienstbaracken. Le bâtiment inférieur entièrement (re-)construit en pierre accueille les réunions et activités des boy-scouts et girl-guides de Diekirch fusionnés depuis 2008. [Photographie: NN_1949, Publication: J. HERR_1980]

 

Vue aérienne de la Place Guillaume et alentours à Diekirch datant de 1950-1954: 1) Hôpital du Sacré-Coeur et ses dépendances 1a), 1b) et 1c) démolies pour faire place à la nouvelle Maison de soins du Sacré-Coeur; 2a), 2b), 2c), 2d) et 2e) bâtiments de la rue des Ecoles démolis pour faire place au nouveau complexe scolaire construit entre 2005 et 2011; 2f) immeuble démoli pour faire place à une résidence; 3) chalets offerts après la 2e Guerre Mondiale par le « Don Suisse », démontés fin des années 1950 pour faire place à la nouvelle Spillschull; 4) kiosque démoli en 2010 dans le cadre de la construction du nouveau complexe scolaire et du réaménagement de la place publique autour de l’Eglise, 5) emplacement du Monument aux Morts inauguré en 1955; 6) porche de l’Eglise décanale construit entre 1950 et 1955; 7) Administration des Bâtiments Publics construite en lieu et place de la Villa MEGANCK; 8) Palais de Justice; 9) Jongeschull; 10) ancienne Hotelschull; 11) Meederchersschull; 12) Hôtel de la Poste; 13) Eglise décanale Saint-Laurent et son parterre 14) qui accueillera en 1954 les deux lions de Deutsch en provenance du LCD. Les sites 5), 6) et 14) permettent d’affirmer que la photo a été prise après 1950 et avant 1954. [Photographie: NN_1950-1954; Silhouettage et légende: bp_2019-12-30]

 

152) … rares sont ceux qui savent où se trouvent les lieux-dits Megonsgaart, Megonsbierg ou Megonspesch. Plus rares encore ceux qui connaissent l’origine de ces appellations étranges qui semblent bien spécifiques de la toponymie diekirchoise. L’orthographe est celle utilisée par Marcel THILLEN (*1926, ✝︎2007) – scoutmaster successeur des légendaires Tony NOESEN (*1905, ✝︎1944) et Albert MAMBOURG (*1917, ✝︎1952) – pour retracer l’historique des boy-scouts de Diekirch à l’occasion du 75e anniversaire de la troupe en 1992. THILLEN’S Max est bien placé pour parler du Megonsgaart [megɔ̃zgaʁt] – ou jardin de MEGANCK – puisque du haut de son promontoire le conducteur-inspecteur principal veillait sur les bâtiments publics de l’arrondissement de Diekirch. Surplombant le nouveau complexe scolaire communal, l’imposant immeuble de l’Administration des Bâtiments Publics, son lieu de travail, fut érigé au Megonspesch en lieu et place de la Villa MEGANCK [megãk]; à ses pieds, au Megonsgaart, le jardin d’enfants construit en 1958, élargi et réaménagé de 2005 à 2013. Seul l’ancien pavillon de la Villa MEGANCK semble résister à toute tentative de modernisation. Signalons pour la petite histoire que Pierre Louis Albert MEGANCK, né le 06.02.1823 à Bergen-op-Zoom aux Pays-Bas a épousé le 11.03.1861 à Diekirch Marie Léonie JUTTEL, née à Diekirch le 15.06.1836, fille du bourgmestre Jean JUTTEL (*1800, ✝︎1887) et grand-tante du notaire Auguste WILHELM (*1908, ✝︎1986), autre résident du Megonspesch. (bp, 2020-02-12_bp)

 

 

Evolution au fil du temps de l’Hôpital de Diekirch (cadre rouge) et du siège de l’Administration des Bâtiments Publics (cadre bleu). Entouré d’un cercle bleu et blanc, l’ancien pavillon de la Villa MEGANCK constitue un précieux repère topographique. En haut, détail d’une carte postale datant de 1902 [Photographie: NN_1902]; au milieu à gauche, carte postale de l’Hôpital du Sacré-Coeur avant la construction de l’aile gauche [Photographie: T. MANNON_±1902] et à droite, carte postale de la Villa MEGANCK [Photographie: NN_?; Publication: N. BECKERICH_2012]; en bas, détail d’une carte postale datant de 1950-1954 [Photographie: NN_1950-1954, nbi] [Arrangement et légende: bp_2019].

 

Au centre, le siège de l’Administration des Bâtiments publics de l’Arrondissement de Diekirch. A droite, l’ancienne Hotelschull et la nouvelle entrée principale du Complexe Scolaire communal. Le plan horizontal portant les locaux du préscolaire, l’ancienne Spillschull (à gauche, en rouge) et couvrant le hall sportif (en bleu) représente le niveau du Megonsgaart (en orange). Le talus remontant au nord n’est autre que le Megonsbierg ou Megonspesch (en vert). [Photographie, silhouettage et légende: bp_2019-12-08]

 

151) … la fontaine installée en 1961 sur la Kluuster fut imaginée par Edmond LUX (*1916, ✝︎2004), professeur d’éducation artistique au Dikricher Kolléisch (1945-1983). Elle comportait un bassin supérieur coiffé d’un demi-dôme en cuivre perforé d’une douzaine de « bouchons » en verre bleu prune – d’ou le surnom de Gebeesskässel – et un bassin inférieur dont le plancher était tapissé d’une mosaïque dessinant les contours de la Ville de Diekirch. Entre les deux bassins l’eau coulait en circuit fermé: Siphonnée du bassin inférieur, elle était pompée au dessus du demi-dôme, giclait par plusieurs ouvertures d‘une conduite épousant le méridien frontal de la coupole et s’écoulait en nappe sur la panse du chaudron pour se déverser dans le bassin supérieur. Des capteurs situés en arrière des deux colonnes encadrant le fronton principal décoré du sceau de la liberté, « S: Libertatis in Dikirchen », aspiraient l’eau du bassin supérieur et la passaient aux buses horizontales de la tête des colonnes latérales d’où elle s’échappait en flux laminaire dessinant de part et d’autre un fin rideau d’eau effleurant la mosaïque du bassin inférieur. L’ingénieuse fontaine vieillissait mal – maçonnerie désagrégée, pierres de taille noircies, mosaïque dépecée, buses et gicleurs obstrués – et des assauts de vandalisme lui donnèrent le coup de grâce; elle fut démolie en 2009. (bp, pid, 2021-08-27_bp)

 

 


Reconstruction graphique de la Fontaine de la Place Guillaume, vue de face (en haut) et en coupe sagittale para-médiane (en bas). Le plan de la mosaïque est indiqué en pointillé rouge. En brun, le Gebeesskässel avec ses « bouchons » en verre bleu prune. Pour passer du bassin supérieur au bassin inférieur, l’eau ruisselait également en trop-plein sur le fronton principal dont le bord supérieur était légèrement abaissé par rapport au bord postérieur du bassin supérieur. Les quatre blocs de pierre plantés sur le bord antérieur du bassin inférieur portaient des projecteurs qui éclairaient la façade de la fontaine. L’éclairage était le premier élément à céder et sonna ainsi le déclin progressif de l’ouvrage. [Graphiques: bp_2019-12-18]

 

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